Publié le samedi 16 avril 2011 à 11H00 - Vu 272 fois
LE géant québécois de l'ingénierie ne connaît pas la crise. S'il doit en partie sa croissance à l'excellente tenue des opérations menées dans les pays émergents, il la doit aussi à sa filière européenne, SNC-Lavalin Europe, qui, sous l'impulsion du Rémois Jean-Claude Pingat, a amorcé une diversification de grande ampleur.
Vatry, point de départ
À l'origine spécialisée dans l'ingénierie agroalimentaire, l'entreprise familiale de M. Pingat s'est « adossée à l'un des leaders mondiaux dans le but d'avancer » en 1996.
À peine entré dans le groupe mondial, il est décidé en France pour la première fois de faire une Délégation de service public (DSP) en ce qui concerne un aéroport. Le tout récent membre de la SNC-Lavalin convainc la maison mère de « se lancer dans l'aventure Vatry ». En 1998, le marché est remporté et le groupe doit, pour la première fois, gérer un aéroport pour une durée de 20 ans (2000-2020). « C'est le point de départ de la création de SNC-Lavalin Aéroports », filiale créée pour gérer les plates-formes aériennes. Elle est basée à Reims et dirigée par Youssef Sabeh, « concepteur du premier aéroport vert dans le monde (Montréal) ».
« L'expérience glanée à Vatry a ensuite permis de remporter l'aéroport de Malte mais c'est le gain de Lourdes-Tarbes qui a tout changé ».
Depuis cette nouvelle implantation en France et du fait des directives qui recommandent des DSP pour tous les aéroports français hors aéroports de Paris, pas moins de neuf autres gestions ont été confiées au groupe, toutes en territoire français.
Politique expansionniste
Les deux derniers en date ont été attribués au cours de la semaine écoulée et concernent l'Outre-mer. Tout nouveau département français, Mayotte verra son aéroport construit et géré depuis Reims. Il en ira de même pour celui de Saint-Martin.
Avec quinze appels en cours dont certains sur des plates-formes à rayonnement international comme Lyon et Toulouse, Jean-Claude Pingat espère frapper fort et devenir une figure incontournable des espaces aériens mais aussi continuer à diversifier dans tous les domaines qui lui sont accessibles. C'est dans ce sens que SNC-Lavalin Europe, qu'il dirige, s'est vue confier par Danone la création et la construction de deux gros chantiers à Evian ou encore la réalisation du tunnel au plus gros diamètre du monde, qui verra le jour à Seattle, grâce aux compétences acquises en Espagne mais toujours piloté depuis le cours Langlet.
Vianney PANNET
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