Solos des étudiants-marionnettistes de l'Esnam Il faut que ça tienne en 3 minutes !

Publié le dimanche 31 janvier 2010

«CE sont des one-shot qu'on ne reverra plus ! », a prévenu Jean-Louis Heckel, lors d'une audition en présence de l'équipe des professeurs et de quelques aficionados.
Comme le dit souvent le responsable pédagogique de l'Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette, « on n'a pas assez de trois ans pour tout faire mais il faut bien se fixer des jalons et faire un état des lieux au milieu du gué ».
Les quinze étudiants de la 8e promotion sont arrivés en octobre 2008 et sont donc aujourd'hui à mi-parcours de leur scolarité. Après une première année consacrée à la voix, au corps, au jeu scénique, à la manipulation, aux arts plastiques, c'est-à-dire aux fondamentaux de l'acteur-marionnettiste, la promo vient de passer presque tout le premier semestre de la 2e année à des travaux de scénographie avec Antoine Vasseur et Marion Stoufflet, et surtout à esquisser ce que seront les solos de 10 mn qu'on leur demandera à la fin de cette 2e année.
Le thème imposé était le conte. Les élèves ont travaillé avec deux conteurs de la Maison du conte de Chevilly-Larue… pour savoir ce que peut être un conteur-marionnettiste.
« Trois minutes, c'est court et long à la fois, mais il y a assez de temps pour faire l'essentiel », ajoute Jean-Louis Heckel. « Toute la difficulté est de ne pas s'éloigner du conte… sinon ça devient un one-man-show ! Et ce n'est pas ce qui est demandé. »
Les élèves étaient donc attendus avec des sortes de « haïkus » à base d'objets ou de marionnettes.
La guerre d'Espagne, le lit vertical et… Lolo Ferrari
A croire que chacun avait travaillé dans son coin car on a assisté à une extrême diversité des idées, des techniques, des sources d'inspiration (contes traditionnels ou textes inventés).
Diversité aussi de la réussite et de l'efficacité… Une fois encore, les solos les plus drôles ont été les plus appréciés du public.
Vu au fil des performances : Manuel Congreta agitant une mer de papier de soie, Marie Godefroy se versant d'un coup un arrosoir d'eau sur la tête les pieds dans une grande valise métallique, Romain Landat improvisant un très instable jeu de construction d'escabeaux et d'échelles, Justine Macadoux racontant Adam et Eve avec seulement deux oranges, une pomme et beaucoup d'humour, Erika Faria de Oliveira la tête à l'envers dans un lit vertical, Samuel Beck jouant uniquement avec son pied nu, Simon Moers réinventant l'astronomie dans un joli jeu d'ombres, Cristina Iosif en sorcière aux prises avec son corps qui se détricote, Carine Gualdaroni en femme-squelette qui danse la cucaracha, Luce Amoros-Augustin qui a peint son corps pour raconter une bataille, Naomi Van Niekerk dans un compartiment de train où il s'est produit un meurtre, Chloé Ratte mimant une scène de chasse avec des animaux en peluche, Aïtor Sanz Juanes faisant revivre un soldat de la guerre d'Espagne, Irène Lentini racontant l'histoire du minotaure avec un tableau et une craie et, enfin, Simon Delattre rendant hommage à un personnage de notre mythologie contemporaine, Lolo Ferrari !

Patrick FLASCHGO

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