Publié le mardi 01 septembre 2009 à 01H00 - Vu 1 fois
« Pas de presse ». C’est l’ordre qu’a donné, dimanche soir, l’état-major axonais des sapeurs-pompiers après un accident doublement mortel à proximité de Marle. Est-ce parce que le père d’un jeune chanteur à la mode figure parmi les victimes ? Ou est-ce le fait qu’un véhicule rouge est impliqué dans l’accident ? Évidemment, aucune des deux hypothèses n’est satisfaisante. La première indiquerait que les soldats du feu modulent leur communication en faveur de la notoriété des victimes. La seconde n’est pas plus acceptable puisqu’elle signifie que les sapeurs-pompiers s’arrogeraient un bien dangereux pouvoir, celui de trier l’information les concernant.
Certes le drame n’a pas été passé sous silence puisqu’une fois les victimes évacuées, les constatations faites et les véhicules en cause enlevés, bref lorsqu’il n’y avait plus rien à voir sur place, l’AFP a été informée. Une telle attitude ne peut qu’entraîner des questions à commencer par la première : pourquoi ? Surtout que les journalistes ont vite découvert une « autre version » de l’accident…
Il y a trop de pompiers bénévoles ou professionnels qui portent secours à leur prochain sans rien demander en retour pour accepter que quelques gradés spéculent sur l’information ou la gestion de cette information. Ou ils se trompent lourdement en croyant participer à la gloire des sapeurs-pompiers en cachant à la presse leurs accidents de la route. Ou ils utilisent leur pouvoir hiérarchique pour éviter de déplaire aux politiques locaux devenus leurs patrons depuis la départementalisation.
Et malheureusement entre ceux qui se targuent en permanence d’être d’anciens journalistes et ceux qui répètent sans arrêt qu’ils défendent la liberté de la presse, est-ce qu’il en reste un ou deux pour suggérer que communication et vérité ne fassent qu’un ? Tout simplement.
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