Publié le mercredi 26 janvier 2011 à 09H12 - Vu 297 fois
Président directeur général de Reims Aérospace, Serge Catoire revient sur les raisons qui ont plongé l'entreprise dans les pires difficultés. « Vous savez, le site de Prunay a connu de nombreuses années de difficultés en 1992, 1995, 1997 avant la liquidation de 2003, le redressement judiciaire de 2005 avec une sortie en plan de continuation. Nos clients savaient que notre activité d'aérostructure était fragile et à part par un acte de foi, ils ont hésité à nous confier des travaux sur des périodes longues de dix à vingt ans. Malgré cela nous avons réussi à avoir de nouveaux contrats avec Aérolia pour le plancher et le cockpit de l'Airbus A320, chez Dassault pour la dérive du Falcon 900 et 2000 et l'arrière-corps du Falcon 900B. Le problème c'est que n'ayant eu aucune nouvelle activité de 2003 à 2006, excepté le plancher pour l'A380 les nouveaux contrats n'ont pas réussi à compenser les contrats en fin de vie qui concernaient les Airbus A340/500 et 600. Si l'on ajoute à cela, la crise dans le marché des aviations d'affaires, la baisse d'activités a été importante. Nous sommes passés d'un chiffre d'affaires de 15 M€ en 2009 à 9,5 M€ en 2010. Dans ces conditions le plan de continuation était difficile à réaliser. Nous nous sommes déclarés en état de cessation de paiement le 6 décembre dernier. Le jugement du tribunal de commerce qui nous a autorisés à poursuivre l'activité trois mois après notre liquidation date du 16 décembre. »
Retrouver une situation saine
À la date butoir du 20 janvier, deux entreprises se sont déclarées intéressées pour la reprise de Reims Aviation. « Il va falloir concrétiser la reprise », poursuit Serge Catoire qui a réuni le comité d'entreprise hier et le retrouvera demain. La tâche est fort délicate. « Je souhaite que le site reparte, mais quand on passe par une liquidation, c'est un peu comme quand on subit une opération chirurgicale, on ressort avec quelque chose d'enlever. » Et là, ce quelque chose a pour nom : emplois.
« La société issue de la reprise devra être saine pour que Reims Aérospace puisse vivre normalement », poursuit le PDG. « Un rapport de la Secafi estime que le niveau d'intégration pose problème car nous sommes présents dans trop de métiers. Il faudrait sans doute nous recentrer sur notre cœur de métier : l'assemblage et ne plus tout faire. »
Si Serge Catoire ne veut pas en dire plus sur les repreneurs, il reste confiant. « Ce sont des industriels. Celui qui se propose de garder le plus de monde connaît bien le domaine de l'aéronautique, un client de longue date qui voulait déjà être un partenaire de Reims Aérospace. »
Sur l'initiative d'une journée portes ouvertes par le CE, Serge Catoire la juge fort utile : « Elle permettra de montrer qu'à Reims Aérospace il y a de bons opérateurs avec de beaux métiers et qui savent bien travailler collectivement. C'est aussi important pour ceux qui resteront que pour ceux qui devront retrouver un emploi. »
A.M.
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