Publié le mercredi 26 janvier 2011 à 10H46 - Vu 178 fois
« Y aurait-il un conflit d'intérêt entre le fait d'être gay et le fait d'avoir des principes ? »
Sébastien A., bientôt 30 ans, vient de livrer le deuxième tome de ses « Chroniques gays de Charlestown ». Une démarche singulière et intéressante. Et plutôt plaisante à suivre pour le lecteur (qu'on soit hétéro, homo, bi ou sans étiquette).
Dans un style agréable mais - a priori - sans prétention littéraire (cependant, au fil des textes, s'affirme bien un réel talent, une patte, on devine que l'auteur prend de l'assurance et un vrai plaisir à écrire…), Sébastien détaille avec un brin de mélancolie sa quête d'un idéal qui semble simple à résumer : trouver le grand amour, une vie de couple enfin stable, bref, une forme de normalité (avec mille guillemets).
Oui mais voilà : avec une forme de fausse candeur, au fil des mois, des ans et des pages de ses chroniques, Sébastien n'en finit pas de découvrir à ses dépens que les hommes sont parfois infidèles, ou qu'ils préfèrent les plans d'un soir. Il multiplie les déconvenues, qu'il les croise dans un bar gay friendly ou sur un site de rencontres. Et quand enfin il semble avoir trouvé l'âme sœur, la déception n'est que plus grande.
Heureusement il y a les amis, les vrais, il y a ces moments de bonheur simple quand le soleil inonde la place Ducale et qu'assis à une terrasse, ce vrai-faux héros dit (quand même) son bonheur tranquille de vivre à Charlestown.
Une question se pose, évidemment : en quoi ce récit de la recherche de cet absolu décidément bien difficile à atteindre est-elle spécifique d'un jeune gay ? Un jeune hétéro ayant quelques principes et quelques exigences et qui comme Sébastien livrerait ses états d'âme n'aboutirait pas au même constat un brin désenchanté ?
That is the question.
Car par ailleurs, si le jeune homme assume son identité gay (il ne donne pas son patronyme pour ne pas embarrasser ses parents), confesse (avec humour) un petit côté fashion-victim, il ne milite pas pourtant pour « la » cause (on ne le sent pas spécialement sensible aux combats contre les discriminations même s'il est solidaire).
Non dénueés d'humour, un brin désenchantées, donc, et parfois moralisatrices, ces chroniques constituent au bout du compte une œuvre en construction toujours inachevée. Pas un journal, mais le récit amusé et mélancolique d'un jeune homme qui est persuadé que c'est ici, à Charlestown - « cette cité qui a le don de raviver les espoir les plus fous… » -, que son prince charmant finira par aparraître.
On lui souhaite, comme on espère qu'avec toujours plus d'assurance, il nous le fera savoir via ses chroniques.
Philippe MELLET
« Seb and the city : Nouvelles chroniques gays de Charlestown » par Sébastien A., disponible sur commande en envoyant un e-mail à sisisery@gmail.com ; les premières chroniques du 3e tome sont en ligne sur www.myspace.com/Seb_and_the_city
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