Publié le dimanche 18 décembre 2011 à 12H00 - Vu 23 fois
Patricia Osganian.
Deux ans après « Meurtre en Champagne », Patricia Osganian situe à nouveau la scène de crime de son nouveau roman en Argonne. Mais cette fois, elle délaisse l'histoire guerrière du terroir marnais pour se concentrer sur l'exploration d'une zone urbaine : le quartier ménéhildien des Vertes-Voyes.
Entre logements HLM en cours de démolition et problèmes sociaux, la romancière focalise son attention sur des ados, tour à tour victimes et agresseurs. Isolés dans un quartier coincé dans un recoin de la Marne que d'aucuns situent plus volontiers dans la Meuse, ces jeunes-là ont tout de même la rage de s'en sortir. Idéalistes, perturbés, violents : ils vivent aux Vertes-Voyes comme sur une île. Signe des temps, leur lien avec le monde passe par les échanges virtuels sur internet.
Après avoir creusé le sillon - encore tabou - des spoliations durant la Seconde Guerre mondiale, la romancière plonge dans l'univers de jeunes Argonnais qui ont d'autres préoccupations : échapper à une famille maltraitante, trouver l'amour, venir en aide aux plus démunis, changer la face du monde…
Aussi sombre que le ciel gris décembre, le regard que Patricia Osganian porte sur l'Argonne ne plaira pas forcément aux Argonnais. Entre observation et fiction, l'auteur tisse la trame d'un roman à énigme à forte dimension sociale.
Pourquoi avoir situé son histoire entre les HLM du quartier des Vertes-Voyes à Sainte-Ménehould plutôt que dans une véritable cité de région parisienne ? L'auteur avoue être tombée sous le charme énigmatique de l'Argonne. Mener l'enquête devient une autre manière de découvrir ce territoire mystérieux et mal connu. Avis aux détectives qui sommeillent en vous…
Stéphanie Verger
« Meurtre cité des Vertes-Voyes », Patricia Osganian éditions du Pythagore. 364 pages, 22 euros.
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