Publié le dimanche 30 janvier 2011 à 11H00 - Vu 162 fois
Il est de bon ton de déplorer le triste sort de certains otages français retenus par de vilains terroristes… Il est à la mode de compatir à la douleur des militaires français tombés au combat, loin du sol natal. Ainsi, dernièrement, le Général Roudeillac a-t-il voulu exprimer son malaise et son indignation, suite à l'indifférence avec laquelle la mort du 53e militaire français tombé au combat en Afghanistan - le Caporal Chef Hervé Guinaud (42 ans) - avait été relatée, quasiment occultée dans les médias, par le trépas de Antoine de Leocour qui allait se marier au Niger, et la mort de Vincent Delory son témoin, dans les circonstance que l'on sait. Le général a voulu s'exprimer sur le Blog du Figaro, mais s'est fait claquer le beignet sous prétexte d'incompatibilité avec les « dispositions de la charte d'éthique du journal ». Il est vrai que le « gégène » parlait sans faire de ronds de jambes et transmettait ce faisant l'opinion de nombre de militaires confrontés au traitement de l'information en matière d'otages, d' Afghanistan et de prix des hommes…
« Deux Français se font tuer au Niger, un sous-officier français se fait tuer en Afghanistan.
Que font les médias ? Face à ces trois destins cruels, ils relèguent au second plan de leurs préoccupations la mort en service du militaire français, pour commenter à souhait la fin tragique de deux hommes, qui avaient fait le choix de se rendre au Niger, pour des raisons qui leur étaient propres.
Et en cela réside la différence avec le 53e militaire tué au combat.
Ce militaire s'est rendu en Afghanistan sur ordre de la France ou plus exactement sur ordre des représentants politiques des Français.
Cette obéissance aux décisions de la Nation mériterait de ne pas passer au second plan.
Ce sous-officier tué au combat mérite donc notre compassion.
La France doit se sentir responsable de ce qui lui est arrivé.
Les médias feraient bien de souligner la grandeur du sacrifice consenti et du métier des armes, la noblesse de l'obéissance aux décisions de la démocratie, le respect que se doit d'avoir la nation à l'égard de ses armées et de ses enfants qui acceptent de servir, sans compter.
Mais le plus insupportable demeure l'indifférence, voire le mépris de certains faiseurs d'opinion, convaincus de détenir la vérité. »
Au-delà, il est vrai que les cas de Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, mis en exergue par leurs confrères et l'ensemble de la profession, méritent d'être expliqués un peu plus avant.
Une fois leur reportage avec l'armée terminé, ils ont pris le risque de s'aventurer en terrain dangereux, sans protection, en dépit des conseils qui leur avaient été donnés par les militaires engagés sur place. Ce faisant, pour ceux qui les ont vu partir, ils se jetaient littéralement dans la gueule du loup, accompagnés de guides locaux incapables d'assurer leur sécurité. Conséquence de leur rapt, les recherches engagées pour les retrouver ont mis en danger ceux-là même dont ils avaient refusé la protection… La carte de presse n'est ni un plastron, ni un passeport, elle ne garantit pas de pouvoir dialoguer avec des gens qui ont la mort comme fonds de commerce.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






