Publié le samedi 06 octobre 2012 à 11H00 - Vu 114 fois
L'inspecteur de l'Éducation Nationale Serge Siri et le maire (1er et 2e en partant de la gauche) ont entendu les griefs exposés.
À l'occasion de la réunion de rentrée, Elisabeth Nortier, chef d'établissement privé (Saint-Louis-Jeanne-d'Arc) a dit son inquiétude pour la pérennité de sa structure.
ELLE n'est pas venue pour rien. Jeudi soir, Elisabeth Nortier a profité de la réunion de rentrée proposée par la Ville pour faire entendre sa crainte : voir la survie de son établissement menacé, faute d'élèves. Avec 190 élèves inscrits au collège Saint-Louis, le privé n'est pas totalement dans le rouge : par rapport à 2011, c'est même une hausse de 18 élèves qui est constatée.
Mais côté lycée (professionnel), c'est autre chose ; Jeanne-d'Arc passe de 85 à 77 éléments.
C'est d'ailleurs après avoir énoncé ces chiffres qu'Elisabeth Nortier a dit clairement son état d'esprit.
« Ça pose la question de la pérennité de l'établissement. »
Avant de détailler les causes du problème. « On sait très bien qu'on incite les jeunes, au sortir de la 3e, à opter pour une seconde générale. Et j'ai déjà vu des dossiers d'orientation où le choix de l'enseignement privé est « blancoté » (NDLR : caché par un correcteur). Nous sommes pourtant une réponse aux familles qui font le choix de cet enseignement… ou qui n'ont pas le choix, scolairement. »
Le mécanisme dénoncé par Elisabeth Nortier serait donc double : un rejet de l'enseignement privé, au profit du public et un rejet de l'enseignement professionnel, au profit du général.
« On envoie les élèves à Rethel ! »
Dans le premier cas, c'est le lycée Verlaine, à Rethel, qui apparaît comme le concurrent objectif de Saint-Louis.
« Je dis les choses en transparence, car c'est vraiment un questionnement de fond, a poursuivi Elisabeth Nortier : si on ne nous envoie pas d'élèves, et que l'on préfère qu'ils aillent à Rethel, il faut le dire. »
Avant de s'adresser au maire et à ses adjoints présents : « La question est finalement de savoir comment on se tient les coudes dans cette ville pour garder la population ».
En l'absence des responsables du pôle scolaire (collège multisite et lycée Masaryk), il a été impossible de sonder l'état d'esprit de la communauté éducative du public, clairement mise en cause par l'oratrice
L'équipe municipale a tout de même assuré les responsables de l'enseignement privé de son soutien.
« Vous savez très bien qu'on préfère que les élèves aillent chez vous que hors de Vouziers… si ça correspond à un besoin, bien sûr », a rassuré le maire, Claude Ancelme.
Comme chaque année, les directeurs d'établissements et les élus ont abordé la question de la baisse démographique, qui explique une part des tensions public/privé mises au jour.
« Quand je pense qu'en 2000, on était 154 au lycée… » a soufflé Elisabeth Nortier.
Soit une diminution de moitié en 12 ans.
On ne saurait dire ce qui est le plus déprimant pour ceux qui défendent leurs classes : regarder vers le proche avenir ou trop loin dans le passé…
Jacques BERTHION
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