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Réactions « Une date importante »… et des regrets éternels

Publié le vendredi 20 janvier 2012 à 11H18 - Vu 39 fois


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Michel Coistia.

Michel Coistia.


Avant que la Drac n'instruise le dossier Fossé, la croisade pour protéger l'église a été menée par deux hommes, Michel Coistia et l'abbé Jean-François Pinard. Le premier a notamment permis, en 2010, à de nombreux Ardennais de redécouvrir l'église, à l'occasion de la Journée nationale du patrimoine de pays et des Journées européennes du patrimoine.
Michel Coistia, président de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine du Vouzinois :
« C'est une date importante, celle d'une reconnaissance de la mutation de l'art sacré dans les années 50, jusqu'ici plutôt méprisée. Cette prise en compte de l'art contemporain me semble une évolution très positive des services chargés de la protection du patrimoine. »
Le passionné souhaite que d'autres témoins majeurs de la reconstruction des églises ardennaises soient protégés. Il cite la fresque géante de Marthe Flandrin à Givry-sur-Aisne (nos éditions du 4 janvier), ou la peinture murale de Maurice Calka à Stonne (*).
Surtout, il appelle à une évolution de la législation. Dans le dernier Curieux vouzinois, il explique que « la protection des peintures, fresques et vitraux solidaires du gros œuvre passe par le classement total de l'église, ce que rechigne à faire l'État et on le comprend ! Une évolution de la loi est souhaitable, qui permettrait une inscription séparée des œuvres concernées. »
À titre d'exemple, alors que deux statues de Maurice Calka, à Bayonville et Moiry, viennent d'être protégées en tant que « mobilier », la fresque de Stonne n'a pas été retenue, car elle obligerait à inscrire tout l'édifice. Pourtant, elle s'abîme…
Abbé Jean-François Pinard, conservateur des antiquités et objets d'art dans les Ardennes, président de la Commission d'art sacré pour le diocèse de Reims-Ardennes :
« Cette inscription est une bonne chose, notamment pour la peinture murale et les vitraux. Mais c'est triste que tant d'œuvres aient disparu. Et je ne suis pas du tout satisfait que la municipalité ait repeint n'importe comment l'église il y a deux ans ! »
Le conservateur a par ailleurs vécu de près « la guerre des statues » voici un demi-siècle.
« J'ai moi aussi visité l'église en 1957, à l'âge de 17 ans. Ce que je regrette profondément, c'est que le curé de l'époque n'ait pas expliqué aux villageois le sens des œuvres. »
Il propose donc un petit cours de rattrapage. « Ces artistes avaient très bien compris le sens théologique du baptistère : s'il avait une forme d'utérus, c'est parce que le baptême est une seconde naissance. Même chose pour la statue de la Vierge. Elle était effectivement enceinte… de l'Église. Théologiquement, tout cela était extraordinaire ! »
* À la différence de trop nombreuses églises (dont celle de Fossé), celle de Stonne est presque toujours ouverte à la visite.

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