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Racisme : « On est très vigilants et intransigeants »

Publié le vendredi 19 mars 2010 à 11H27 - Vu 46 fois



Hier, les membres de l'équipe mobile de sécurité étaient là, à chaque vague d'entrées et de sorties du collège Jean-Mermoz. Des agents de sécurité, pourrait-on dire, sous l'autorité directe du Rectorat. Une brigade fraîchement créée qui, semble-t-il, effectuait l'une de ses premières missions. « C'est surtout pour rassurer les élèves. Je ne pense pas que les agresseurs vont revenir », explique Christ Gambart, le principal de l'établissement, arrivé début février. Son ancien poste, proviseur adjoint au lycée Condorcet à Saint-Quentin. « Il ne souffre d'aucune comparaison. Le collège Jean-Mermoz est un établissement très calme, sans problème en général, mêlant population rurale et urbaine. Il n'y a eu, à ma connaissance, aucun conseil de discipline depuis le début de l'année scolaire concernant des propos intolérants, racistes. Nous sommes très vigilants là-dessus, nos directives sont d'ailleurs très claires et je me montre intransigeant sur ce point. »

Les vêtements connotés


Ce qui s'est passé aux abords de son établissement mardi, ce sont des « faits isolés mais graves. C'est inadmissible. J'ai d'ailleurs vivement conseillé aux parents des collégiens victimes de porter plainte. Ils l'ont fait. L'intolérance, quelle qu'elle soit, n'est pas tolérable. Nous avons conscience du développement du phénomène un peu partout. C'est pour cela que nous sommes hyper vigilants au moindre signe. »
Au collège Mermoz, pas d'interdiction de porter des vêtements connotés qui font partie de la liste des marques associées aux fascistes. « Pas besoin d'y réfléchir parce que les jeunes ne les portent pas. Je pense qu'il ne faut pas non plus stigmatiser une marque de vêtement. Heureusement que tous ceux qui portent ces marques ne pensent pas la même chose. Il faut communiquer là-dessus, sans faire peur aux élèves. Il s'agit d'un véritable travail sur la tolérance et le respect. »
Le kheffieh. Tous les collégiens rencontrés hier, dont plusieurs en portaient un, ne connaissaient pas la signification exacte de cette écharpe. « A la base, ce sont les terroristes qui portaient ça sur la tête », croit savoir l'un deux. Il s'agit, en réalité, de la coiffe traditionnelle des paysans et des Bédouins en Irak, en Jordanie et en Syrie notamment. Dans les années soixante, les Européens qui le portaient marquaient, ainsi, leur appartenance au mouvement pro-anarchiste, alors que ces dernières années, il symbolise le soutien pacifique à la Palestine. A Laon, ces « usages » restent peu connus des jeunes. D'ailleurs, une collégienne de troisième ne dit pas autre chose : « Pour nous, ce n'est qu'un vêtement à la mode. C'est beau et rien d'autre. »

A.B.

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