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Quand les moines de Saint-Remi avaient des vignes

Publié le samedi 07 janvier 2012 à 12H00 - Vu 275 fois


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Aurélien Nouvion n'exclut pas de préparer une thèse sur le sujet.

Aurélien Nouvion n'exclut pas de préparer une thèse sur le sujet.


Lauréat du prix du journaliste de l'union Hubert-Claisse, Aurélien Nouvion nous a parlé de son travail sur la vigne et le vin à l'abbaye Saint-Remi du VIe au XVIe siècle.

SAVIEZ-VOUS que les moines bénédictins de Saint-Remi ont, au moins, possédé jusqu'à 43 hectares de vignes, qu'ils appréciaient tout particulièrement le vin blanc issu du cépage fromenteau (ou fromentel), produit notamment à Sacy, et que dans la règle bénédictine il était inscrit qu'ils pouvaient consommer jusqu'à une mesure de vin par personne, soit l'équivalent d'un demi-litre ?
C'est en préparant un master 2 sur le thème « la vigne et le vin de l'abbaye de Saint-Remi du IXe au XVIe siècle » que le jeune étudiant en histoire Aurélien Nouvion, récompensé pour son travail par un prix créé par l'Académie nationale, en a appris beaucoup sur le rapport entre les moines et la vigne dans le Pays rémois.

L'abbaye Saint-Remi peu étudiée

« On la voit tous les jours et pourtant depuis le début du XXe siècle, peu de personnes ont réalisé un travail sur l'abbaye Saint-Remi. Voilà pourquoi Patrick Demouy, mon directeur de mémoire, avec Jérôme Buridant, m'a conseillé de m'orienter plutôt vers cette voie plutôt que de savoir comment Reims s'était constituée comme ville au Moyen-Âge », avoue l'étudiant.
Commençant à se frotter aux documents sur Saint-Remi aux archives départementales, Aurélien a vite compris sa douleur. « Ça fait peur. Le fonds est à peine classé et inventorié. Pire, il n'y a que des liasses de documents en latin qu'heureusement une prof Véronique Beaulande m'a aidé à traduire. Bien entendu, je m'étais auparavant imprégné du sujet en lisant les ouvrages de Georges Duby et de Jean-Pierre Devroey, des références. »
Pas facile de dire combien de vignes possédaient les moines de Saint-Remi. Dans un polyptyque (inventaire) du IXe siècle on recense 40 hectares (1), autant que l'archevêque, tandis que les moines de Saint-Thierry en avaient 26, ceux d'Hautvillers 20 et 18 pour Saint-Nicaise. Des vignes d'Aigny-Chézy à Cernay-en-Laonnois (Aisne) en passant par Ville-en-Selve, Petit Fleury, Chenay, Trigny, Muizon, Sault-Saint-Remy (Ardennes) et même à Reims avec le clos Murigny.

Le clergé aime la vigne

Deux cépages étaient cultivés : le fromenteau qui ne résistait pas aux gelées mais produisait un vin blanc de qualité et le gouais au rendement élevé mais de qualité médiocre.
A l'époque, ceux qui cultivaient la vigne devaient verser un impôt aux moines en nature ou en espèce : le cens, correspondant à un certain nombre de muids (l'équivalent d'une futaille, soit 300 litres de vins).
Les villages devaient aussi s'acquitter du charroi, c'est-à-dire mettre à la disposition de l'abbaye des chariots et des hommes pour transporter les raisins ou le vin lors de la vendange.
« On suppose qu'à partir de l'an 1049, au moins, après la création de la foire au bourg Saint-Remi, on y vendait du vin qui avait déjà subi une première fermentation et donc apte au transport. »
Respectueux du devoir chrétien de l'hospitalité, il est aussi quasiment certain que, venu au cinquième concile de Reims en 1049, le pape Léon IX accueilli à l'abbaye Saint-Remi a goûté le vin des moines. Des moines (ils furent jusqu'à 300 dans l'abbaye) qui consommaient quotidiennement le nectar. Avec une ration bien notifiée. Et personne ne le contestait : le vin était un élément fort dans la spiritualité. Ne comptabilise-t-on pas moins de 650 occurrences du mot vigne dans la Bible ? Le sang du Christ ne s'est-il pas changé en vin ?
« A l'époque, pour les travaux manuels, les gens avaient besoin de requinquants et de calories. Le vin était alors la seule boisson de qualité, beaucoup plus que la bière », note l'étudiant.
Au XIIe siècle, l'abbé Pierre de Selle écrivait en substance que « sa joie de connaître Dieu était comparable à celle qu'il avait de consommer un bon vin ». A noter que contrairement à ce que l'on peut souvent lire, on ne produisait pas que du vin rouge dans la Montagne de Reims avant la fin du Moyen Âge, mais aussi du vin blanc.

Ne pas se laisser abattre

« Les moines qui insistaient pour que le travail de la vigne soit particulièrement soigné ne cherchaient pas absolument le rendement », fait remarquer Aurélien Nouvion. « A l'époque, d'ailleurs, on disait cueillir le vin et non pas produire du vin dans des vignes en foule à taille haute, jusqu'à 1,80 m. En revanche, qu'importent les guerres, les nombreux sièges comme ceux subis durant la guerre de Cent ans suivis de peste noire qui ont décimé jusqu'à un tiers de la population. L'abbaye continue à acheter des terres à vignes. Pas question de se laisser abattre. »
Alain MOYAT
(1) Dans un texte il est même question de 24 hectares de vignes loués à Chenay.

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le chevalier de...

Reims

07/01/2012 à 13h38

Je résume tout cela et un peu mieux, car mon ouvrage référencé sur un site littérraire obtient la note de 9,3 sur 10. Il s'agit de "champagne, scandales et HLM".

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