Publié le samedi 02 juillet 2011 à 11H00 - Vu 49 fois
Changement de cap radical à la communauté de communes de Saulx et Bruxenelle. Après avoir affirmé ne pas vouloir s'ouvrir, la CCSB pourrait bien accueillir Saint-Lumier-en-Champagne et Blesme en son seing. Des réflexions d'ouverture avec d'autres communautés sont aussi menées.
MARCHE arrière toute à la CCSB. Après avoir voté en conseil communautaire le souhait de rester seule, c'est-à-dire telle que la CCSB est composée aujourd'hui - 5 communes limitrophes -, la majorité des élus de la communauté de communauté de communes de Saulx et Bruxenelle est sur le point d'accepter deux nouveaux villages, Blesme et Saint-Lumier-en-Champagne, suite à leur demande, dans leur collectivité.
Un par un, les conseils municipaux émettent un avis favorable en ce sens.
Mieux, ils ne sont pas fermés à d'autres communes, encore faut-il que cette intégration respecte une cohérence géographique. Changement de cap radical !
Pas de mariage forcé
Pour rappel, jusqu'à la proposition de projet du préfet, dévoilée le 22 avril dernier, la CCSB se classait deuxième communauté de communes de l'arrondissement après Vitry-le-François et, surtout, la CCSB était, toujours avec la CCVLF, la seule à être dans les clous de la loi (plus de 5 000 habitants, cohérence géographique et compétences adéquates). C'est pour cette raison que les élus ne souhaitaient pas s'étendre. Alors pourquoi un tel revirement ?
Question ambigüe
À écouter les élus, la question ambiguë et peut-être mal posée lors du vote communautaire solennel, une certaine précipitation, un manque de connaissance du dossier, et de là, un manque de réflexion, auraient joué en défaveur d'un vote d'ouverture. Soit. Mais l'approche des communautés de communes de Révigny-sur-Ornaing et de Saint-Dizier a aussi pesé dans la balance. « Elles ont provoqué la réflexion chez nous », précisent la plupart des maires et élus.
De plus, avec le nouveau schéma proposé par le préfet, la CCSB devient la plus petite communauté de communes… Bien assez pour prendre conscience que rester seule ne s'avère finalement pas la solution la plus pertinente.
Des finances difficiles
D'autant que la situation financière n'est pas florissante, loin de là. Avec un coefficient d'intégration fiscale très faible (un peu moins de 0,3) soit le plus petit de l'arrondissement et même l'un des plus faibles du département, les finances sont difficiles à gérer. Le président de la CCSB, Michel Journet, qui se réjouit de ce revirement, ne le cache pas, la situation financière de la CCSB reste délicate. « Les rentrées d'argent sont faibles, les dépenses, non exagérées et maîtrisées, importantes. Et, du fait de notre faible coefficient, nous avons été touchés de plein fouet par la restriction budgétaire de l'État. Difficile dans ce contexte de réaliser les travaux. Et s'il faut doubler les taxes communautaires pour s'en sortir, il est impossible de le faire ainsi et immédiatement. »
Peut-être que des transferts de taxe ont été mal appliqués à l'époque, et qu'il aurait fallu augmenter doucement depuis les taxes s'interroge Michel Journet. « Seulement aujourd'hui, cela ne peut se faire brutalement, la population ne tiendrait pas. »
Bouffée d'oxygène
Intégrer des communes et villages et, pourquoi pas, fusionner avec une communauté de communes plus importante devient donc une porte de sortie financière, une bouffée d'oxygène alors que, jusqu'alors, ils ne représentaient aux yeux de certains que des ennuis et des soucis financiers supplémentaires.
« Seulement, il est clair que si l'intégration des communes doit se réaliser immédiatement, pas question de se précipiter pour s'approcher d'une autre communauté de communes. Nous avons le temps pour cela : deux ans. Il faut bien réfléchir et réaliser de réelles simulations financières pour voir où nous allons », termine Michel Journet.
Et c'est bien ce que les communes de la CCSB semblent désirer le plus aujourd'hui. À lire les délibérations des divers conseils municipaux, l'ouverture réfléchie est désormais de mise. Prochaine étape le conseil communautaire du 18 juillet au cours duquel un avis communautaire sera émis.
Anne-Sophie COURSIER
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