Publié le samedi 29 septembre 2012 à 11H00 - Vu 241 fois
Alexandre Blaineau, 36 ans, explique comment mener, panser ou nourrir son cheval… selon Xénophon, il y a 2.500 ans.
Alexandre Blaineau, professeur d'histoire-géo, s'est penché sur des écrits vieux de 2.500 ans, traitant du cheval. Bingo ! Il a été publié chez Actes Sud. Rencontre.
ALEXANDRE Blaineau, quand on découvre « L'intégrale de l'œuvre équestre », que vous présentez et annotez, on imagine que tout part d'une passion pour le cheval ?
A.B. : Non, cette passion est venue dans un second temps. J'ai fait des études d'histoire en Vendée et en 1996, j'ai commencé à travailler sur Xénophon (environ 428-355 av. J-C.). Mon directeur de recherches m'a conseillé de m'intéresser à l'art équestre, un pan de son œuvre encore jamais étudié.
Après m'être initié au grec ancien, j'ai donc réalisé ma thèse sur cet aspect.
L'équitation, je n'y suis venu qu'en 2006.
En quoi l'œuvre de Xénophon mérite-t-elle un nouvel éclairage ?
C'est le seul auteur antique qui ait écrit autant de choses sur les chevaux et les cavaliers, il est incontournable.
Mais forcément, certains aspects de son œuvre ne peuvent être lus aujourd'hui comme à l'époque.
Par exemple, il parle toujours de manier le cheval « avec une main légère ». Mais pour le comprendre, il faut savoir que le mors, que je reproduis, était alors proche d'un instrument de torture pour le cheval.
Vous vous appuyez sur la traduction faite par Paul-Louis Courier (1772-1825). Là aussi, vous n'hésitez pas à vous montrer critique…
D'abord, je l'ai choisi parce que c'est un très grand traducteur, plus agréable à lire que d'autres.
Mais c'était un personnage assez fantasque et j'essaie parfois de me dégager de ses analyses.
Il a fait l'expérience de monter à cru et de ne pas ferrer les chevaux, comme le faisait Xénophon (les deux étaient cavaliers). Dans le second cas, son expérience n'est pas concluante… mais lui affirme que si.
Comment avez-vous réussi à être publié ?
À l'occasion de ma soutenance de thèse, Jean-Louis Gouraud, écrivain et éditeur reconnu comme historien et encyclopédiste du cheval et de l'équitation, s'est montré intéressé et m'a proposé de m'éditer.
Et Actes Sud… on ne dit pas non !
Auprès de quel public pensez-vous devoir chercher le succès ?
D'abord, un public de cavaliers amateurs. Je n'écris pas du Guillaume Musso, j'en ai bien conscience.
Je fais des salons du livre équestre et les retours sont intéressants. Xénophon, il ne faut pas que ça fasse peur. C'est avant tout un écrivain qui a produit des textes captivants. C'est l'occasion de voyager dans le temps. Et on apprend beaucoup, même sur l'équitation d'aujourd'hui. Ses conseils sur le pansage sont encore tout à fait valables !
Propos recueillis par Jacques BERTHION
Xénophon, « L'intégrale de l'œuvre équestre », présentée et annotée par Alexandre Blaineau, collection Arts équestres (Actes Sud), 274 p., 35 euros. Vente en ligne, ou en librairie, à Reims.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site





