Publié le mercredi 03 octobre 2012 à 11H00 - Vu 148 fois
La filière bois a été au cœur d'un choix polémique : Grandpré ou Buzancy ?
Lors d'une séance de trois heures, les élus de la 2C2A ont voté la prise de compétence « Scot », l'implantation d'un hangar de séchage et parlé accessibilité. Non sans divergences.
LES responsables de la communauté de communes de l'Argonne ardennaise sont prévoyants.
Grâce notamment aux réunions de bureau, ils savent quels points vont être votés facilement et quels autres poseront problème.
Ainsi, le directeur Sébastien Forget a entamé la séance de lundi en désamorçant la prise de compétence proposée du Schéma de cohérence territoriale (Scot).
« Ce n'est pas une compétence que l'on prend aux communes, mais que l'on crée », a-t-il répété à l'intention des élus qui y verraient un encombrant corset. On s'appuiera sur les PLU (plans locaux d'urbanisme) existants pour élaborer le Scot. Il ne s'agit pas de verrouiller mais de réfléchir à une stratégie de développement du territoire. »
Il a ajouté que pour des dossiers comme le désenclavement du territoire ou sa couverture numérique, le Scot permettrait de s'appuyer sur des données, valant arguments auprès des partenaires potentiels.
Enfin, Sébastien Forget a rappelé que depuis le passage en fiscalité mixte, en juin dernier, l'intercommunalité peut prétendre à percevoir une dotation globale de fonctionnement (DGF) bonifiée… à la condition de cette nouvelle prise de compétence.
« La DGF bonifiée représente environ 300.000 euros par an et élaborer le Scot coûte 200.000 euros, sur six ans, et c'est éligible aux subventions. Quand vous mettez ça en balance, il n'y a pas véritablement photo. »
A-t-il convaincu quelques élus réticents ? Il est resté une douzaine de votes contre et quatre abstentions, qui n'ont pas empêché la prise de compétence.
70 à 300 euros pour l'aide liée au Pave
Le point suivant aura lui vu une douzaine d'abstentions lors de la consultation effectuée. Les communes étant chargées de rédiger un Pave (Plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics), la 2C2A leur propose une aide à sa rédaction administrative.
La réunion était l'occasion de parler de la contrepartie demandée par l'interco à des communes pas ravies de payer. Le forfait proposé devrait s'étendre de 70 eurosà 300 euros, selon les strates de population.
Là aussi, le président Francis Signoret s'est voulu rassurant : « La 2C2A ne cherche pas ici à gagner de l'argent. Les communes peuvent très bien choisir de le faire seules ou faire appel à un bureau d'étude, mais je crains que ce soit beaucoup plus cher. »
Enfin, le troisième sujet qui a mis à jour des divergences concernait la filière bois. Il s'agissait de choisir où implanter une plate-forme de stockage et de séchage des plaquettes de bois déchiqueté.
Revoilà la rivalité Grandpré-Buzancy…
Or, le bureau a privilégié un terrain à proximité de la déchetterie modulable de Grandpré. Ce que n'ont visiblement pas admis plusieurs élus, notamment du canton de Buzancy.
Le maire du chef-lieu, Jean-Claude Etienne, n'a pas caché son désaccord devant le refus d'utiliser un terrain viabilisé de la zone d'activités de Buzancy. S'interrogeant sur les futurs coûts de voirie, il a également mis en avant la politique forestière de son canton.
Chaque initié connaissant la rivalité au long cours entre Buzancy et Grandpré attendait alors la réponse du président Signoret, également maire de Grandpré.
« Je m'interdis de parler de ma commune ici, je viens en tant que président de la 2C2A, a-t-il commencé. Je peux juste dire qu'il y a des investissements, des projets et un nécessaire équilibre. Ce ne sont pas toujours les mêmes communes qui en bénéficient. Il y a eu un débat en bureau entre ces deux sites, et un vote a eu lieu. »
Cette fois, le vote montrait une quinzaine d'oppositions et six abstentions.
Jacques BERTHION
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