Publié le mercredi 24 février 2010 à 11H00 - Vu 340 fois
Déjà un beau petit monde, mais là il manque encore deux bouts de chou et le papa.
«TOUT est en quadruple ! » Sylvia Douvrin résume ainsi le quotidien de sa petite famille de 10 bambins.
Voilà dix ans, cette trentenaire, maman de quatre enfants, s'est installée avec Paul Karl et ses trois petites crapules. Depuis, trois autres petits-bouts sont venus compléter le tableau. Âgés de 18 à 2 ans, Cynthia, Florian, Mathieu, Kévin, Anastasia, Michaël, Océane, Josélito, Rose-Marie et Pauline animent désormais le foyer.
En début de mois, leur tournée des supermarchés prend des allures de rodéo. À chaque arrêt, la clique s'arme de trois-quatre chariots et remplit son camion neuf places de son stock mensuel de conserves, cartons de pâtes, riz, sauce tomate, produits congelés et autres flacons de shampoing.
Un pack de lait, deux jours
« Avant j'emmenais les enfants, mais j'ai arrêté, les gens nous regardaient de travers », précise la Vouzinoise. « Il faut compter 900 euros par mois environ pour le budget nourriture. Et encore, depuis deux ans, je n'achète presque pas de viande fraîche, à part de temps en temps où je commande un cochon complet, sinon c'est exorbitant. Mais on mange quand même de la viande ou du poisson deux fois par jour. »
Et les quantités ont de quoi filer le tournis. Pour un repas, comptez six petits poulets agrémentés de plus d'un kilo de frites pour nourrir tout le nid. Entre petits-déjeuners et goûters, un pack de lait tient à peine deux jours. Dans la cuisine, deux réfrigérateurs côtoient deux grands congélateurs, non loin de deux fours.
Gros poids en moins sur le budget, la garde-robe se contente depuis longtemps du système D. « Je n'achète jamais de vêtements, on me donne plein de choses, et ceux des grands passent souvent aux plus petits », explique Sylvia. « On n'est pas difficiles. Je n'ai jamais eu un enfant qui m'a demandé une marque. »
Par contre, pas moyen de couper aux lessives. « Avant on avait une machine de 5 kg, achetée neuve et chère, mais à force de tourner, le tambour s'est arraché au bout de six mois, le réparateur n'en revenait pas », souligne cette maman. « Depuis deux ans, on en a une de 12 kg, et elle est déjà tombée en panne plusieurs fois. En ce moment, avec les enfants en vacances qui jouent dehors, je fais trois machines par jour et j'ai l'impression que le tas de linge ne redescend jamais… »
Pour gagner du temps, les douches, elles, se prennent deux par deux et à la queue leu leu. Côté tâches ménagères, chacun met un peu la main à la pâte. Et l'aide est plutôt bienvenue, à l'orée de la ribambelle d'animaux à entretenir : sept chiens, un perroquet, un furet et une paire de canaris.
Système D
Pour les chamailleries, la fratrie n'est pas en reste, mais on est tout de même loin du carnage imaginé. « Il y a bien sûr des bagarres et des disputes, mais je n'ai pas à me plaindre. J'ai même une amie qui me supplie de prendre ses enfants pendant la journée l'été. », glisse la Vouzinoise. « Pour le programme télé par exemple, ils arrivent toujours à s'arranger, les grands choisissent en fonction des petits. Et ils ne font pas de différence entre eux, pour eux ils sont tous frères et sœurs. Eux-mêmes me disent qu'ils s'ennuieraient s'ils étaient moins nombreux et ils ne sont pas égoïstes pour un sou. »
Finalement, l'équipe a presque trouvé son rythme de croisière, grâce à une organisation bien rodée.
« C'est une habitude, mais il suffit de pas grand-chose pour nous faire prendre beaucoup de retard et quand on n'est pas à la maison, je suis complètement perdue, je n'ai plus mes repères », sourit Sylvia. « Mais les familles nombreuses c'est surtout beaucoup de bonheur. »
Audrey BENZAKEN
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