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Paté : à l'image d'Épinal ?

Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 12H00 - Vu 448 fois


Le site Paté de Crouy commence à être dans la tourmente.

Le site Paté de Crouy commence à être dans la tourmente.


SOISSONS (Aisne) Alors que le juge départiteur doit, à Soissons, examiner le dossier de harcèlement de deux salariés de la société Paté, les Prud'hommes d'Épinal viennent de la condamner dans une autre affaire.

APRÈS de multiples renvois, le dernier en date pour des raisons totalement indépendantes de la volonté de leur avocat, les salariées de la société Paté de Crouy, Sabine et Brigitte*, devraient enfin, le 7 mars, voir examiné au fond le dossier de harcèlement moral pour lequel elles ont saisi le conseil des prud'hommes de Soissons.
C'est le juge départiteur - un magistrat professionnel donc - qui examinera ce litige que les conseillers prud'homaux n'ont pas tranché. Après neuf ans passés dans l'entreprise, Sabine a été licenciée en juin 2008. Brigitte y est salariée depuis seize ans, mais elle est en arrêt maladie depuis mars 2008, pour dépression.


Un salarié vosgien aux Prud'hommes
Avec de multiples témoignages d'anciens salariés à l'appui, toutes deux estiment avoir été victimes de harcèlement de la part de leur hiérarchie.
« Le harcèlement est, au sein de cette entreprise, une technique de management », considère Me Octave Lemiale, leur avocat rémois. Me Olivier Baglio, du barreau d'Avignon, qui défend les intérêts de la société Paté, estime, pour sa part, qu'il y a « du stress, mais pas de harcèlement moral. On monte en épingle un dossier qui ne le mérite pas ».
À quelques centaines de kilomètres de Soissons, l'avocat avignonnais vient pourtant de perdre une première bataille.
Un ancien salarié du site Paté de Saint-Menge (Vosges) vient, en effet, de faire condamner la société pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse » par le conseil des prud'hommes d'Épinal. La société doit payer au demandeur la somme de 50 000 euros à titre de dommages et intérêts, mais elle doit aussi rembourser à Pôle Emploi des allocations de chômage versés au salarié dans la limite de 180 jours.


« Belle décision »
Dans leur jugement, les Prud'hommes vosgiens reprennent à leur compte le fait que les élus du CE « révélaient le mal-être du salarié au travail et la pression morale au travail exercée sur lui par l'employeur, notamment en lui retirant une à une ses fonctions pour se retrouver agent de nettoyage ».
S'il rappelle que chaque dossier est différent et chaque juridiction indépendante, Me Lemiale y voit néanmoins une « belle décision, claire et nette et qui reconnaît la souffrance au travail ainsi que la pression morale », autant d'éléments que l'on retrouve, à ses yeux, dans le dossier soissonnais.
Ce jugement intervient aussi dans un contexte particulier puisque la pression judiciaire monte, dit-on, très sérieusement sur la société Paté, quant à de possibles infractions à la réglementation en matière environnementale.
Philippe ROBIN
probin@journal-lunion.fr
* Les prénoms ont été changés.

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Les dernières contributions


tohub02

29/01/2012 à 18h59

Le management est le travail principal du responsable d'entreprise.Donc lorsque les employés ont un tel mal être,c'est que le directeur n'a pas la stature d'un grand patron digne de ce nom. Ne s'improvise pas grand patron de qualité n'importe quel quidam.Il faut savoir être à l'écoute de ses employés pour faire fonctionner son entreprise de manière optimum et dans un esprit sain.Du moins est-ce mon point de vue. Je comprends la réaction de ISAJO60. Patron ne rime pas avec tortionnaire et ouvrier avec objet de défoulement! Le management a évolué,il faut pour cela que les directeurs se reforment tout comme ils le demandent à leurs employés.Se remettre en question,là est la clef d'une entreprise agréable à vivre.Merci aux employeurs qui auront compris ce message

lagalette

28/01/2012 à 14h28 | 2

A ma connaissance ce n'est pas l'employé qui décide de ses arrêts maladie, mais le corps médical.... si celui ci a décidé d'accorder 4 ans à brigitte, c'est qu'on a certainement du mal à imaginer sa souffrance morale.
Le triste exemple de Pathé confirme que le travail n'est plus pour une majorité d'employés un épanouissement mais un asservissement à la volonté de quelques uns. Remettons l'humain au centre de nos intérêts et non pas le profit sans conscience. Courage Brigitte! Qu'une belle et rapide décision se prenne aussi pour les filles afin qu'elles puissent ouvrir une nouvelle page de leur vie.

bretzel liquide

28/01/2012 à 12h00

il y a une chargée de projet "going for excellence" au sein du groupe Sibelco. En route pour l'excellence managériale, elle a une montagne de travail chez Paté !

ISAJO60

27/01/2012 à 19h26

Moi aussi j’ai enduré le travail chez PATE. J’ai bien dit : « enduré le travail chez PATE » car il faut y avoir travaillé pour savoir ce que c’est !!!!! Je pense que je vais peut être choquer certaines personnes mais voir votre patron arrivait avec un visage complètement marqué de rage, frapper à coup de pied dans les armoires, passer ses nerfs sur une imprimante et pour ma part éviter les classeurs volants à travers le bureau. Je vous jure que ces conditions sont loin d’être idéales pour collaborer en toute sérénité. Oui, le boulot n’est pas toujours facile et les journées de galère ça existe mais lorsque c’est à longueur d’années, on peut comprendre que certaines personnes ne peuvent pas tenir ce rythme effréné de harcèlement moral. Eh oui, je viens de l’écrire, ce mot qui perturbe tout le monde dans cette affaire. Quant à la définition, ce n’est pas moi qui l’invente : Le harcèlement moral est une conduite abusive au travail (geste, parole, comportement, attitude…) répétée ou systématique visant à dégrader les conditions de travail de la victime. Ces pratiques peuvent causer des troubles psychiques ou physiques mettant en danger la santé de la victime, homme ou femme.
Je soutiens Brigitte et Sabine dans ce combat qui dure depuis trop longtemps et je le ferai jusqu’à ce qu’elles aient gain de cause.

tohub02

27/01/2012 à 17h46

-2- Moi patron, je chapeaute tout cela et je suis donc à la tête d’une pyramide de collaborateurs dont les ouvriers sont la base et sont en contact direct avec la matière première donc la production : odeur de putréfaction, contact avec des produits dangereux (solvants) et à risques (seringues) liquides volatiles, poussières très fines etc.. Donc je me dois de leur donner un cadre de travail qui réponde à tous ces paramètres de façon qu’ils s’épanouissent au travail. Et puis, j’ai également des partenaires qui m’accompagnent (DREAL-inspection du travail médecine du travail etc..) Alors je sors de ma bulle de verre et j’ouvre les yeux très très grand pour voir dans quelle nébuleuse je me retrouve

tohub02

27/01/2012 à 17h46

-1- Après relecture de cet article, je m’interroge : une entreprise de recyclage appartenant à un très grand groupe à la pointe du progrès semble pratiquer le système managérial Américain d’il y a dix ans. En contradiction avec l’image qu’elle voudrait donner d’elle. Le recyclage du verre tend vers le domaine de l’écologie. Moi, entrepreneur, pour gagner ma vie au mieux je me dis : voilà une idée valorisante pour moi et pour la planète.Je recycle une bouteille,un tube cathodique etc...,donc je récupère du verre de divers horizons (ménager industriel) et je fabrique un produit fini qui repart vers d’autres entreprises pour être à nouveau réutilisé pour fabriquer bouteilles et autres. Bien, mais voilà : dans ce verre qui arrive à mon entreprise il y a toutes sortes de déchets (papier , métaux, produits liquides divers et variés, plastiques etc…) Donc tout cela aussi je dois le récupérer pour le retraiter ou le faire retraiter.

iberico

27/01/2012 à 17h46

Bravo aux juges d Epinal et vivement le 7 mars car je suis moi aussi une pure victime de ces harcelements 17ans de boite et un DRH qui vous dit tu n est pas un homme tu n a pas de couilles deleguee de merde et il y en a d autres je souhaite le crier tres fort aux juges de Soissons ce ne sont que de vrais CHACALS profiter de l ouvrier l humillier etc etc que justice soit rendue aux filles le 7 MARS

Pomiane

26/01/2012 à 23h50 | 1

...disons que si Brigitte avait été à son compte, il n'aurait pas pu y avoir deux protagonistes dans cette triste histoire.
La harcèlement vient du sentiment de toute puissance de celui qui détient le pouvoir et dissimule à peine complexes et frustrations...
La nouvelle campagne de sensibilisation des jeunes sur la question du harcèlement moral et ses conséquences vient de sortir; je l'ai visionnée avec mes jeunes, ils semblent moins outrés que moi... Il faut lutter, lutter encore, lutter toujours.
N'oublions jamais: qui ne dit rien consent.

bretzel liquide

26/01/2012 à 23h22 | 1

Allez lire le récent article sur la rentrée du conseil des prud'hommes à Soissons : http://www.lunion.presse.fr/article/faits-divers/prudhommes-de-nouveaux-defis-a-relever
15 mois de délai moyen, alors que dans cette affaire les 4 années seront bientôt atteintes !
« Une justice trop lente n'est pas une bonne justice. »

Anthurium

26/01/2012 à 22h28 | 1

Le monde du travail aujourd'hui est en effet bien étrange. Il peut être source d'épanouissement personnel, comme cela a probablement été le cas pour Brigitte qui est restée plus de 10 ans dans cette entreprise et il peut devenir destructeur. Et oui, à côté des grands principes RH de bien-être, d'accompagnement, de suivi de carrière, ..., il y a aussi des pratiques violentes, manipulatrices et destructrices qu'on ne peut confondre avec une simple pression et du stress. Quand cela devient du harcèlement et qu'on maltraite ses salariées, quel être humain le supporterait ? Et quelle honte de laisser traîner ces dossiers !!! peut-être dans l'espoir que Sabine et Brigitte abandonnent. Je souhaite à Sabine et Brigitte que cette affaire se termine vite dans la justice et la dignité afin qu'elles se reconstruisent. Quand à la CPAM, Epinal a raison : elle doit être remboursée par la Société Paté car la CPAM (et donc nous avec nos impôts!) n'a pas à supporter les erreurs de cet employeur sans scrupule.

victoine02

26/01/2012 à 22h16 | 3

Tout à fait tohub02!!!
mr Codebar quand on ne connait pas le dossier il vaut mieux éviter de dire de telles choses.
Et si cela vous arrivait???????
j'ai été patron et j'ai toujours privilégié le bien être à mes salariés dans mon entreprise et croyez-moi, je les boostais mais jamais je ne les harcelais.
Le travail c'est le travail ,avec des hauts et des bas mais il y a certaines règles de management et une façon de communiquer humainement avec ses salariés...
Aujourd'hui j'en croise quelques uns qui me disent que JAMAIS dans leur carrière professionnelle ils n'ont retrouvé le bien être qu'ils avaient chez moi.
Et croyez-moi, d'entendre cela me fait grand plaisir ,c'est une grande satisfaction personnelle
Je souhaite à ces 2 personnes de Paté de gagner leur procès pour qu'elles soient enfin en paix!

tohub02

26/01/2012 à 20h55 | 4

Pourquoi codebar met-il en doute l'intégrité de Brigitte .Connait -il le fond du dossier?
Quatre années de la vie à souffrir moralement,est-ce cela une vie de salarié? Qu'en est il de l'esprit d'entreprise que nos dirigeants revendiquent? Etre bien au travail,n'est-ce pas là toute attente d'un salarié normal ? Tant de questions que je pose et qui n'attendent que des réponses!
codebar cherche-t-il des adeptes pour se refaire une virginité d'entreprise ? Met-il en doute la valeur de la CPAM qui a du être mise à contribution dans le cas de Brigitte ?

bretzel liquide

26/01/2012 à 12h43 | 1

Si je calcule bien, mars 2008, ça fera bientôt 4 ans d'arrêt maladie ! Le relais de la CPAM s'arrêtant au bout de 3 ans, ça fait donc 1 ans que "Brigitte" ne touche plus aucun salaire. 4 ans d'attente à Soissons, et toujours pas de décision de justice ? L'entreprise se sépare de ses salariés à bon compte en les poussant à bout ou en utilisant des motifs de licenciement abusifs, le tout au frais de la collectivité à travers les organismes de solidarité publique que sont pôle-emploi ou la CPAM. Les prud'hommes d'Epinal ont vu juste en condamnant Paté à rembourser pôle-emploi.

Codebar

25/01/2012 à 13h11

"Brigitte y est salariée depuis seize ans, mais elle est en arrêt maladie depuis mars 2008, pour dépression" Hum, 3 ans de dépression… 3 ans d'arrêt maladie… hum hum hum… Heureusement qu'elle est pas à son compte.

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