Publié le jeudi 09 février 2012 à 12H00 - Vu 27 fois
Les discours de l'inauguration le mardi soir : au micro, le président des Enfants du cinéma, Thibaut Rousseau ; à côté de la maire Claudine Ledoux. (En retrait sur la gauche, le président précédent Pascal Lambert.)
Depuis 1991, l'association des Enfants du cinéma s'efforce, chaque année au mois de février, de donner leur chance à des films d'auteurs qui, sans l'éclairage particulier d'un festival de dix-huit jours, auraient peut-être du mal à trouver leur public dans notre « petit » département.
SOUVENT, le cinéma qui met en scène les enfants et les ados nous est envoyé par Hollywood. Ici, c'est tout le contraire.
Les trois-quarts de la sélection des vingt films du festival des Enfants du cinéma proviennent de pays étrangers et quand ils sont américains, ce sont des films de réalisateurs indépendants, travaillant en dehors des grands studios.
Cette année, les organisateurs espèrent pouvoir approcher le plus près possible le seuil symbolique (déjà atteint deux fois) des 30.000 entrées sur l'ensemble des projections dans toutes les Ardennes.
Avec la baisse du prix des places au Metropolis et au Turenne de Sedan, le but visé est évidemment de ramener un nouveau public vers le festival. Ça peut marcher… si la neige et/ou le verglas ne viennent pas jouer les trouble-fêtes !
Mardi soir, beaucoup croisaient les doigts en voyant blanchir l'esplanade du Metropolis, à l'heure où les officiels inauguraient cette 22e édition en compagnie des deux co-parrains, le réalisateur du film Nino, une adolescence imaginaire de Nino Ferrer, Thomas Bardinet, et l'acteur principal, David Prat.
A une époque où le parc des home-cinémas est en fulgurante expansion chez les particuliers, on a plus que jamais besoin « d'éclaireurs militants » comme les bénévoles des Enfants du cinéma, a dit la maire de Charleville-Mézières Claudine Ledoux. Des bénévoles qui, soit dit en passant, sont pour la plupart des enseignants, en activité ou retraités ; ce qui explique sans doute leur passion de la transmission et de la pédagogie.
« Merci à mon grand-père… »
Thibaut Rousseau, le nouveau président du festival, a lui aussi trouvé une bonne formule : les Enfants du cinéma défendent « un accès à une culture bien vivante et non formatée. […] Au passage, je remercie mon grand-père qui m'a donné le goût du cinéma ! »
Mais le « goût du cinéma » ne suffit pas : encore faut-il se donner les moyens de réaliser pareille entreprise. C'est avant tout huit de mois de préparation pour une bonne quinzaine de passionnés… dont il faut espérer que la ferveur ne s'émoussera pas au fil des années. Régulièrement, un peu de sang neuf vient irriguer l'association, peut-être pas encore suffisamment, mais un certain renouvellement se produit.
Jacques Lambert, le fondateur du festival en 1991, en sait quelque chose. Pour lui, le plus difficile n'est pas de visionner les films afin de les sélectionner, mais de trouver un parrain, des invités, des animations pour faire en sorte que le festival ne soit pas qu'une suite de projections.
Cette année, le parrainage de cette 22e édition est un peu particulier : il est la preuve que le cinéma peut générer non seulement du bonheur de spectateur mais aussi de l'amitié, tout simplement.
Le réalisateur Thomas Bardinet n'a plus besoin de GPS pour venir de Bordeaux jusque dans les Ardennes. C'est sa troisième participation aux Enfants du cinéma : cette année, en plus, il est revenu pour nous montrer en avant-première Nino, un film à tout petit budget, longtemps « presque fini » comme dit le réalisateur, et qui a pu s'achever en partie grâce à la solidarité financière de festivaliers donateurs.
Les Enfants du cinéma figurent d'ailleurs dans les remerciements du générique.
P.F.
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