Orgeval a changé de visage

7 contributions

Publié le mardi 23 septembre 2008

« Faut pas y voir du racisme mais, nous les Français de souche, on a l'impression de vivre à l'étranger. On n'ose même pas sortir le soir ».

« Faut pas y voir du racisme mais, nous les Français de souche, on a l'impression de vivre à l'étranger. On n'ose même pas sortir le soir ».

BEN SEGURA



À Orgeval, les Français d'origine maghrébine et leurs commerces sont désormais largement majoritaires. Les Français « classiques » se sentent de plus en plus mal à l'aise.

A Orgeval, la population française de souche ne se sent plus chez elle. « Faut pas y voir du racisme. Cela n'a rien à voir, mais les Maghrébins ont pris possession du quartier, font régner leurs lois et leur culture et nous n'avons plus qu'à nous taire ou à déménager. Moi, j'ai fait une demande pour changer de quartier », explique une locataire de Charles-Roche.
« Les jeunes n'ont aucun respect pour nous. Je pense que si j'étais maghrébine, je serais mieux considérée. » À condition de porter le voile. « À Orgeval, une jeune fille qui se balade seule et sans voile est cataloguée comme salope par les jeunes. Les filles n'ont pas le droit de sortir avec un garçon ou alors en cachette. L'intégrisme n'est jamais loin et favorise des comportements d'intolérance », témoigne un ancien employé de la maison de quartier.

« J'ai perdu l'habitude du soleil »
Sur un banc de la place de Fermat, un homme d'origine algérienne prend le pâle soleil de septembre. « Je suis arrivé en France à l'âge de 36 ans et j'en ai 86. » Jamais eu envie de retourner au pays où les paysages sont bien plus beaux que ceux des immeubles défraîchis d'Orgeval ? « J'ai perdu l'habitude du soleil. Il fait trop chaud là-bas », lâche le vieil homme dans un grand sourire.
Abdelkader, musulman pratiquant et figure du quartier, sort de la boulangerie. Il réfute tout communautarisme : « Algériens, Marocains, Français, la plupart des gens s'entendent bien et vivent bien ensemble.
Le problème, ce sont les jeunes. Les jeunes, ça ne va pas. »
« Avec la vieille génération, on s'entend bien. Jamais aucun problème », raconte une « blanche » du quartier Poincaré, également dans l'attente d'un nouveau logement. « C'est la preuve qu'il n'y a pas de racisme là-dessous de la part des Français. En revanche il nous arrive, nous, de subir du racisme. L'autre jour dans l'escalier, un groupe de Maghrébines descendait, l'une d'elles m'a adressé la parole, je n'ai pas compris ce qu'elle disait et elle m'a traitée de sale Française. »
Surtout, il ne faut pas répliquer car sinon « c'est la voiture qui brûle, l'appartement qui est cambriolé. Ils considèrent que le quartier leur appartient ».
Même la police n'aurait pas voix au chapitre : « Quand elle vient la police, les jeunes du quartier arrivent aussitôt à une centaine. À se demander d'où ils sortent… La police, elle, repart », affirment plusieurs habitants. « Jamais, ils ne feront d'efforts pour s'intégrer. C'est trop tard, on ne peut plus rien faire sinon partir. »
Une affiche est collée sur la porte du coiffeur pour dames. Impossible à comprendre, c'est écrit en langue arabe. « Ça veut dire qu'on fait des coupes pour les cérémonies », explique avec gentillesse la coiffeuse.
Dans les commerces, difficile de trouver du porc, que ce soit dans les boucheries ou encore à la boulangerie, où les pâtés en croûte champardennais sont introuvables. « Les commerçants, ils sont sympas avec tout le monde, français d'origine ou maghrébin d'origine mais s'ils mettent dans leur magasin un rayon pour les Français, ils risquent de perdre les Maghrébins alors ils ne le font pas. C'est comme ça. », explique Mohamed Zaïda, président de l'association des Algériens de la région qui a ses locaux à Orgeval.
Catherine Frey

***
Mohamed Zaïda : « J'attends la mixité »

« Qui a eu l'idée idiote de regrouper les communautés étrangères dans les mêmes quartiers au lieu de les disperser dans toute la ville ? C'est pas nous. »
Mohamed Zaïda, président de l'association des Algériens de la région a ses locaux à Orgeval.
Dans le quartier, il connaît tout le monde. Il sait ce qui va et ce qui ne va pas. « On est venus dans les années soixante et ils nous ont regroupés.
Maintenant, les autres nous voient comme une montagne. Moi, je suis pour mixer les populations. »
Le représentant des Algériens ne soutient pas la main mise d'une communauté sur un quartier.
« Je ne trouve pas normal qu'une dame de 70 ans aille au Cora à pied pour trouver une bouteille de vin et une côte de porc parce que place de Fermat, il n'y a que nos produits. »
Pour M. Zaïda, la solution viendra des pouvoirs publics : « Il faut faire comme à Wilson, mélanger les gens ».
« La France ne considère pas les jeunes comme des Français »
Quant aux jeunes du quartier qui font la loi. « Il y a davantage de peur que de danger réel. Le soir, les gens se barricadent, n'osent plus sortir, c'est pas normal mais il faut aussi regarder ces jeunes de près. Ce sont les nôtres. Ils sont nés en France, sont Français mais la France ne les considère pas comme des Français. S'ils postulent quelque part, ils savent d'avance qu'ils ne seront pas pris alors ils ne postulent même plus, ne travaillent pas et finissent par faire n'importe quoi. Moi, je lance un appel aux entreprises pour qu'ils leur donnent une chance sinon ça finira mal. On va vers où ? Notre population augmente, nous sommes déjà 12 ou 13 millions en France. Pour l'instant, ces jeunes ne votent pas beaucoup mais le jour où ils s'y mettront ils voteront pour le premier Algérien qui se présentera et s'ils ont grandi dans la haine, ça donnera quoi ? » De l'intolérance comme ces jeunes qui poussent les jeunes filles à porter le foulard : « Il faut relativiser ce sujet. C'est surtout les médias qui en parlent car les filles ici, je les connais. 70 % de celles qui mettent un foulard ne le font pas pour la religion et il faut pas croire qu'elles le portent du matin au soir. Quand elles vont danser le soir, le foulard il reste à la maison. Seule une minorité est forcée de le mettre ». Enfin, sur le cas précis des délinquants, le représentant des Algériens ne fait pas de cadeaux aux jeunes : « S'ils font une bêtise, il faut qu'ils paient mais la police les relâche dès le lendemain alors ils recommencent. Il faut qu'ils paient en travaillant gratuitement. C'est le seul moyen pour qu'ils comprennent. » Pour Mohamed Zaïda, il y a urgence à agir.
C.F.

***
La place de Fermat va changer

La stratégie de l’ancienne municipalité pour assurer au moins une mixité commerciale à Orgeval a consisté à racheter les locaux commerciaux pour éviter que tous ceux qui s’installent ne se destinent qu’à la clientèle maghrébine.
L’actuelle municipalité n’a plus qu’à poursuivre la tâche. « Nous allons organiser une réunion pour lister les commerçants et attribuer les fonds dans le but d’offrir de la diversité », explique Éric Quénard, premier adjoint au maire. La Ville a reçu une quinzaine de candidatures de commerçants désireux de s’installer place de Fermat. « Dont un commerce de restauration et un cyber café. » Le challenge pour la Ville est de trouver LE commerce qui attirera forcément toutes les communautés. « L’idéal aurait été d’y installer la Poste mais elle ne semble pas partante. »
En plus de renouveler les enseignes, la Ville va réhabiliter la place : « Elle a besoin d’être restaurée. Dommage que mes prédécesseurs ne l’aient pas inscrite dans le plan de renouvellement urbain, cela aurait été plus simple mais nous allons tout de même le faire, notamment grâce à 316.000 euros que vient de nous attribuer l’État dans le cadre du Fisac (aide au commerce de proximité) ».



Imprimer Recommander Wikio Facebook twitter digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Les dernières contributions


NANE

09/10/2008 à 09h09

INCROYABLE !!! C'est Le Pen qui doit se frotter les mains je savais l'union à droite mais là je n'en reviens pas ! Quelle bêtise , votre patron ne serait pas Sarko?? je pense qui si. Honte à vous vous pouvez comptez sur moi pour diffuser cet article ...

jiqmaq

25/09/2008 à 00h04

J'ai 25 ans, je suis né à Orgeval et j'y vis encore. J'aimerais connaitre le but des "journalistes" qui se permettent d'écrire de tels bobards sur les quartiers, une fois de plus. Imaginez la réaction d'une personne qui n'a jamais posé les pieds dans ce quartier et qui tombe sur cet article !!!
Avant d'écrire de la pourriture qui salit des citoyens et non du bétail, penchez vous sur des sources sûres et fréquentez le terrain avant de publier vos torchons. "Français de souche"? Laissez-moi rire, j'aimerais bien les voir, surtout à Orgeval. On regroupe les Maghrébins entre eux, ensuite on se plaint car ils sont concentrés dans des quartiers, il faut assumer ses responsabilités et savoir ce qu'on veut.
Majid.

Contribution modérée

trucmuch

24/09/2008 à 21h01

Je ne cesserai jamais d'être interpellé par de la publicité paraissant dans ce journal et adossée à des mouvements politiques surtout dans un quotidien issu de la résistance. (notamment dans le fleuron économique de la région). Vive le fric, adieu l'éthique !

PASSION

24/09/2008 à 18h57

Je suis consternée à la lecture de cet article ! Je pense que certains témoignages sont exagérés et poussent les uns comme les autres à se retrancher dans un communautarisme dangereux car il pousse à des excès ! Dans cette situation je pense qu'il y a un manque important, c'est le dialogue qui permet la connaissance de l'autre, et de sa culture, et qui évite bien des jugements à l'emporte-pièce, comme on le voit dans ces témoignages, lorsqu'on reproche à des parents d'enfermer leurs filles par exemple... Notre "éducation à la française" est-elle meilleure ? Je ne le crois pas, il y aurait en matière de parentalité bien des choses à corriger !....Et puis, pour habiter moi-même à Croix-Rouge, on en a un peu marre de ces coups de projecteurs qui ne font que dévaloriser davantage ces quartiers, où malgré tout ce que l'on peut dire il existe un vivre ensemble en bonne intelligence, et une grande solidarité. La mixité culturelle, qu'on le veuille ou non, c'est l'avenir ! Donc essayons de nous comprendre pour nous entendre !

Astyanax

24/09/2008 à 12h34

Une mixité de communautés disparue depuis trop longtemps ? A la manière de la Sainte Ampoule et du Saint Chrême ?
Reims, qu'as-tu fait de ton Histoire ?

laflahi Bison

24/09/2008 à 00h03

Les journalistes n'ont pour objectif majeur que de vendre.
Ce qui se lit et se vend bien c'est la nullité, le simple constat sans éclairage, sans approfondissement, la basse besogne, c'est la non rencontre des femmes et des hommes que nous sommes, c'est le choc des civilisations, les mosquées qui sur dépassent nos églises. Bref du spectacle, du spectacle et le champagne coulera à flot.....Avec tout le respect que nous devons à l'information soyons ferme sur les principes, souple sur les applications mais pas avec du yaourt à la place du cerveau. Restons vigilants, des jours plus heureux nous attendent....reste à le vouloir.

denisdereims

23/09/2008 à 14h52

Cet article à des relents nauséabonds. Depuis quand l'Union est-il la déclinaison locale de Minute?? Existe-t-il un modérateur au sein du comité de rédaction??

Contribution modérée

Contribution modérée

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr