Nom scientifique des poissons sur les étiquettes Le poissonnier en perd son latin

Nom scientifique des poissons sur les étiquettes Le poissonnier en perd son latin

Publié le samedi 21 janvier 2012 à 12H00 - Vu 640 fois

Une réflexion est en cours pour l'étiquetage des poissons, avec par exemple la mention du nom latin. Dura lex, sed lex ?

LA commission européenne n'est jamais en manque d'idée. Cette fois, cela concerne l'étiquetage des poissons.
L'idée est de faire apparaître le nom scientifique sur les étiquettes. « Seule l'appellation latine est comprise partout dans le monde », explique le poissonnier de la rue Leduc. Salmo par exemple, pour le saumon : « Cela peut être une bonne idée à Rungis qui traite à l'international, mais dans ma boutique, je suis plus sceptique », poursuit-il.
Le souci, c'est qu'il y a déjà plusieurs informations sur les étiquettes (nom de l'espèce, mode de production et provenance) et qu'on risque la surcharge. Pour l'heure, l'Europe aurait donc assoupli le projet. « Il s'agirait d'avoir sur le mur du magasin une liste avec le nom latin des poissons… »
La raison invoquée est par exemple qu'il peut y avoir confusion quand on parle de sole entre la sole tropicale et la sole de l'Atlantique. « Mais comme la provenance figure sur l'étiquette, on ne peut pas se tromper. »
En revanche, le poissonnier estime que les zones de pêche ne sont pas forcément très précises. « On met Atlantique nord ouest ou Atlantique nord est, les gens ne savent pas vraiment à quoi cela correspond. Ils préféreraient peut-être savoir si le poisson vient de Fécamp, par exemple, ou d'ailleurs dans la Manche. »
La confiance du consommateur
Certes, la traçabilité existe. « Il y a un code sous la caisse des poissons qui permet de remonter jusqu'au bateau de pêche. Si un maquereau sur mon étal fait moins de 20 centimètres, je peux recevoir une amende, ainsi que la personne qui a fait la vente à Rungis, le mareyeur et le pêcheur. »
Autre nouveauté, cette fois-ci établie, depuis le 1er janvier, l'étiquette s'est allongée d'une quatrième information, mentionnant la présentation du poisson, c'est-à-dire s'il est frais ou décongelé.
Il reste en outre des choses en discussion, comme l'indication du mode de production. Le consommateur pourrait ainsi savoir quel type de navire ou d'engin a pêché le poisson, pêche artisanale, pêche à la ligne, au chalut, à la senne, à la palangre…
Si tout le monde sait que le poisson est excellent pour la santé, il s'agit aussi de (re) gagner la confiance de consommateur, dont l'image du saumon gavé d'antibiotiques a pu inquiéter. Il existe aussi désormais une mention « aquaculture biologique » : c'est le cas par exemple pour les belles daurades sur l'étal. « On pourrait aussi prendre l'exemple des crevettes. » Celles de Madagascar respirent, tandis que celles du Brésil sont tassées comme… des sardines !
Yann LE BLÉVEC
yleblevec@journal-lunion.fr

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