Publié le vendredi 04 mars 2011 à 10H40 - Vu 159 fois
Raoul Hellebout (au centre du premier rang), entouré des derniers membres.
REVIN (Ardennes) 1959-2011. L'Amicale philatélique revinoise aura vécue 52 ans. Demain, une lettre sera expédiée au préfet annonçant sa disparition.
IL ne faut pas se leurrer. La mort de l'Amicale philatélique revinoise nous concerne tous.
Demain, le président démissionnaire de l'association, Raoul Hellebout, 85 ans, va expédier au préfet des Ardennes une lettre qui s'apparente à un faire-part de décès. Il s'agit du procès-verbal de carence pour dire au préfet que l'Amicale n'a pas pu élire un nouveau président lors de sa dernière réunion, le samedi 26 février. Conséquences : sans président, point de comité et sans comité, l'association est morte.
Cette disparition se passe dans l'indifférence générale : aucun élu n'était présent lors de la dernière réunion.
De mémoire de Revinois, on n'avait pas jamais entendu parler de la mort d'une association dans la cité.
L'Amicale philatélique revinoise serait donc la première victime de la crise du bénévolat mais aussi de la baisse du pouvoir d'achat.
Il y a environ deux ans, on avait tremblé à l'idée de voir l'Union commerciale et artisanale revinoise (UCAR) disparaître, tant les bénévoles faisaient défaut. L'association avait été sauvée de justesse grâce à Philippe Charlot qui s'est dévoué pour assumer la fonction de président.
À 85 ans, Raoul Hellebout a fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver l'association.
Depuis fin 1980 - début 1990, il a vu le nombre de membres de l'association fondre comme neige au soleil. De 90 adhérents l'association a vu ses effectifs se réduire comme peau de chagrin pour atteindre 14 aujourd'hui. Et d'année en année, les membres restants ont accumulé les fonctions laissées vacantes.
« C'est beaucoup de travail. Avant, les tâches étaient beaucoup mieux réparties. Le président ne faisait que superviser ce qui se faisait. Il y avait une personne dédiée aux achats, une autre à la comptabilité, encore une autre responsable des feuillets artistiques, une personne avait aussi pour mission de s'occuper des fournitures, des catalogues, etc. À la fin, on n'était plus que deux au bureau : M. Da Cunha et moi-même. À 85 ans, il est temps que j'arrête. Ça fait trop de charges », explique Raoul Hellebout.
Appel au secours
L'homme n'a cessé depuis cinq ans de lancer un appel au secours pour trouver de nouveaux membres. En vain.
Selon lui, les fermetures d'usine ne sont pas étrangères à la perte de membres. « À une époque on avait comme adhérent le chef de gare de Revin, beaucoup de gens d'Arthur Martin et de Porcher. Beaucoup de membres sont partis dans une autre ville à la suite de la perte de leur emploi », explique cet homme qui fut chef comptable chez Faure, Arthur Martin et Electrolux.
Mais l'embourgeoisement de l'activité de collectionneur a aussi un rôle à jouer. Avec un budget tournant autour de 400 euros par mois, ce loisir devient un luxe, reproche Raoul Hellebout qui quitte l'association avec beaucoup « d'amertume ».
Arlyne JEANNOT
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