Publié le jeudi 10 juin 2010 à 10H00 - Vu 34 fois
Alain Nice détaille la conjonction de circonstances pour expliquer un village martyr.
HISTORIEN connu et reconnu, tant sur la période de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale que pour la période des Mérovingiens, dans le Marlois, Alain Nice est venu à la rencontre des élèves de 3e du collège « Le Ruisseau » de Moncornet, pour une conférence argumentée d'images, photographies et cartes, sur les explications du massacre de Tavaux du 30 août 1944.
Méthodiquement, il a montré que des faits issus de circonstances concordantes ont abouti à l'exécution dans des conditions horribles de 20 civils sans défense, pour la plupart des vieillards, ainsi que deux enfants, un garçon de 6 ans et une fille de 11 ans, par des éléments rompus à ce genre d'exactions, des barbares de sections SS de divisions blindées, en repli depuis le débarquement allié du 6 juin et talonnées par les troupes américaines qui venaient de libérer Laon.
Cette intervention, par cet historien de formation, lui-même fils d'un résistant, originaire du Marlois, entrait dans le cadre du contrat départemental culture collège, dont la thématique 2009-2010 était pour les 3es, « Destructions, reconstruction ».
Le drame de Tavaux, c'est aussi la destruction de 86 maisons du village, mettant un terme douloureux aux activités d'un groupe de résistants, parmi les plus actifs du département de l'Aisne, sous les ordres du lieutenant FFI, Pierre Meaujean, une figure tavelloise.
Le terme de faits qui se sont enchaînés dans une spirale infernale : le groupe est sous le contrôle d'un secteur de l'Aisne après avoir appartenu jusqu'au 25 août au secteur de Rumigny, dans les Ardennes ; un parachutage d'armes, ensuite, distribuées à des éléments inexpérimentés ; une embuscade avortée et la vengeance méthodiques de jeunes combattants allemands fanatisés, disposant de chars Tigre comme de simples mitraillettes Sten.
Une journée plus tard, les choses auraient été, sans doute, autres avec la libération de la région de la Vallée de la Serre par les Américains, mais la barbarie, comme à Plomion ou le hameau de Gard près d'Étreux, dans les heures qui ont suivi, a été implacable et sans pitié, laissant des traces de feu et de sang sur leur passage.
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