Publié le mercredi 09 février 2011 à 10H25 - Vu 67 fois
Le tribunal de Nantes est devenu l'épicentre de la contestation du monde judiciaire face au pouvoir exécutif.
Le profil de Tony Meilhon, suspecté du meurtre de Laëtitia Perrais et au centre d'une crise sans précédent entre justice et pouvoir éxécutif, divise également les acteurs de l'affaire.
Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont présenté cet homme de 31 ans comme un « multirécidiviste » et assurent qu'il était identifié par la police et la gendarmerie comme suspect. Ils estiment que le fait qu'il soit sorti de prison en février 2010 sans suivi est une faute imputable au système judiciaire.
Un profil qui divise
Les syndicats de magistrats et les juges qui ont traité son cas contestent cette analyse. Ils remarquent que si Tony Meilhon a été condamné 15 fois, c'était pour des délits. S'il était reconnu coupable du meurtre de Laëtitia Perrais, il ne serait donc pas un récidiviste criminel.
Le viol dans les années 1990 d'un co-détenu avait conduit à son inscription au fichier des délinquants sexuels, qui n'implique cependant que l'obligation de déclarer son adresse.
Tony Meilhon est sorti de prison en février 2010 non sur décision d'un magistrat, mais après avoir purgé pendant onze ans, avec une interruption en 2003, toutes ses peines, sans réduction, soulignent les magistrats.
La « mise à l'épreuve » qui le visait pour le dernier délit d'outrage à magistrat n'a pas été mise en œuvre, comme pour 800 autres détenus en Loire-Atlantique, mais c'était avec l'accord de la hiérarchie judiciaire et administrative, disent les magistrats. Il n'y a dans ce département que 17 agents de probation pour 3 300 dossiers.
Dans un communiqué commun la semaine dernière, les ministères de l'Intérieur et de la Justice ont affirmé que Tony Meilhon faisait l'objet de sept plaintes dont une pour viol de son ex-compagne, depuis sa sortie de prison. Il est apparu cependant que la plainte ne visait pas le chef de viol. Par ailleurs, Tony Meilhon n'était pas l'objet d'un mandat d'arrêt, procédure qui implique en théorie des recherches actives, comme l'a annoncé à plusieurs médias lundi Me Olivier Metzner, avocat de la famille biologique de Laëtitia. Le parquet de Nantes a précisé qu'un « mandat de recherche » avait été en revanche délivré le 16 décembre 2010 contre lui à la demande de la gendarmerie, qui le soupçonnait de conduire un véhicule volé. Ce mandat de recherche a été porté au Fichier des personnes recherchées le 31 décembre. La procédure avait pour but non de déclencher des recherches, mais de permettre, en cas de contrôle routier, le placement en garde à vue immédiat de Tony Meilhon, dit le parquet de Nantes dans un communiqué.
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