Publié le lundi 08 mars 2010 à 11H00 - Vu 156 fois
Le docteur Legroux ne travaillera qu'avec des feuilles de soins papier aujourd'hui.
JEUDI, le docteur Legroux prévoit que 50 % de ses confrères dans le Laonnois laissent la porte de leur cabinet fermée. Un mouvement de grève national, qui a démarré en Bretagne, pour dénoncer une médecine de plus en plus déshumanisée où l'on méprise la spécificité de la relation patient-médecin.
« En tant que médecin généraliste, on a une relation personnalisée avec nos patients, une relation au long cours qui nous permet de faire la différence entre le corps et l'esprit », indique le docteur Legroux. Installé à Urcel depuis 25 ans, il n'hésite pas à passer 20 à 25 minutes avec ses patients : « Les journées sont très longues, je travaille de 8 heures à 21 h 30, c'est épuisant mais je n'ai pas le choix si je ne veux pas me tromper sans systématiquement passer par toute une série d'examens qui coûte cher ».
Misant sur ce relationnel, le docteur Charles Legroux fait partie de ceux qui estiment qu'on ne s'est pas assez appuyé sur eux pour la campagne contre la grippe A : « Ils ont mis en place ce que j'appelle des vaccinodromes qui n'ont pas fonctionné car les patients n'avaient pas cette relation de confiance ».
Manque de reconnaissance
Pour ce professionnel de santé, il y a un réel mépris pour sa profession. Conséquence directe pour lui : de moins en moins de jeunes diplômés se tournent vers le libéral : « Les confrères partent en retraite et ne trouvent pas de remplaçant ».
Et devant la désaffection de notre profession, le docteur Legroux regrette que la seule réponse qu'ils obtiennent, se limite à des obligations comme celle d'aller dans les zones sous-dotées « comme la Thiérache pour notre département faute de quoi, on écope d'une amende ».
En attendant jeudi, aujourd'hui, un premier mouvement s'amorce. « Nous ne ferons aucune télétransmission. Nous utiliserons uniquement des feuilles de soins en version papier », prévient le médecin. « Il faut savoir que le traitement d'une feuille de soins coûte 1, 50 euro à la caisse (CPAM), alors que la télétransmission est payée 16 centimes au médecin qui l'effectue, soit une indemnisation dix fois moindre que ce qu'on lui fait économiser ».
Une situation qu'il n'accepte pas, d'autant qu'il a appris que la CPAM prévoit la mise en place de plateformes téléphoniques de conseils aux diabétiques : « C'est le monde à l'envers, nous faisons de l'administratif pendant la caisse dispense des soins ».
Aurélie MARCOTTE
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