Publié le lundi 14 juin 2010 à 10H00 - Vu 134 fois
André Patureau, 88 ans, au centre, ancien chef de secteur de la mission Citronelle qui avait pour objectif de constituer le maquis des Ardennes.
DES larmes, des choses à raconter, des silences. Hier, le petit-fils du capitaine Hubble, James Isaac, ému jusqu'aux larmes a fait la connaissance de Georgette Fontaine. Cette octogénaire avait aidé le capitaine anglais Desmond Ellis Hubble lorsqu'il est tombé dans un champ du Vieux-Moulin de Thilay dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Ce soldat avait pour mission d'approvisionner le maquis en nourriture. Fait prisonnier dans les Ardennes, il sera déporté à Buchenwald en août 1944.
Au moment de l'appel des morts hier le nom de l'officier anglais a été compté parmi les Morts pour la France. Sa famille venue de Londres était là pour la première fois. Emilienne Gonze, 80 ans, avait aussi beaucoup de choses à leur raconter. « Mes deux frères Paul et Jean ont échappé de justesse aux Allemands. Ils ont traversé la route au bon moment », raconte-t-elle.
Chaque année, la Revinoise revient sur les lieux du drame. « J'avais 14 ans à l'époque et on n'avait jamais vu de mitrailleuse. Lorsque les Allemands ont découvert le Maquis, la ville était en état de siège durant trois jours. Vous savez, ce n'était pas les boches qui venaient chercher les familles pour les torturer. C'était des Français. Je le vois encore, avec ses lunettes, le Parisien », raconte la vieille dame.
Plus loin, Simone Fransoret, 84 ans est revenue, elle aussi, pour la première fois sur les lieux du drame.
Elle ne s'est pas approchée de la famille Hubble. « C'est trop dur », dit-elle. Silence. Son mari Pierre est mort à 20 ans aux Manises.
Texte et photos Arlyne JEANNOT
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