Publié le mardi 21 juin 2011 à 11H00 - Vu 169 fois
Denis Hugues, Isabelle Vilarinho et Delphine Poindron, représentants du personnel, souhaitent rencontrer la direction, une demande qui pour l'instant reste lettre morte.
Depuis jeudi, les formateurs du CFA-bâtiment exercent leur droit de retrait. Ils dénoncent des conditions de travail présentant un « danger grave et imminent » pour leur santé.
DÉCIDÉMENT, il ne fait pas bon travailler au CFA-Bâtiment, chemin d'Aulnois. Ce n'est pas la première fois que l'on évoque, dans ces colonnes, le cas d'un professeur licencié après une altercation avec un apprenti mais aujourd'hui, plus question de laisser la situation pourrir affirment les délégués du personnel et parmi eux, Denis Hugues. Il estime que les événements de la semaine dernière ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. « Il nous est de plus en plus difficile d'exercer sereinement notre travail, et notamment le face à face avec les élèves. Nous nous trouvons dans une situation où persiste un danger grave et imminent pour notre santé ».
Stress et dépression
C'est donc à ce titre que, depuis jeudi midi, 21 des 26 formateurs exercent leur droit de retrait, et non pas, comme cela semble être perçu par la direction de l'établissement, pour soutenir et demander la réintégration d'un collègue, sous le coup d'une mise à pied conservatoire après un échange houleux avec un élève.
« Ce qui s'est passé avec ce professeur est révélateur de ce que nous vivons depuis longtemps : seule la parole de l'apprenti est prise en compte dans une situation conflictuelle. L'enseignant n'est jamais écouté et cela pèse sur le moral de tous. Combien d'entre nous sont en arrêt de travail pour dépression ou éprouvent un réel stress au travail ? Chaque matin, nous entrons dans une arène, sans aucun soutien de notre direction. Tout peut arriver », explique Denis Hugues.
Silence radio
Concrètement, ce droit de retrait signifie que les formateurs ne font pas cours mais pour autant, ils ne sont pas en grève. Ils consacrent leurs journées à d'autres tâches comme remplir les bulletins de notes ou corriger des copies.
En principe, un CHS-CT aurait dû être convoqué dans les 24 heures mais la direction semble faire la sourde oreille. Les représentants du personnel parlent même d'intimidation. Ils affirment que vendredi, le contrat d'une formatrice en intérim, qui avait déjà son emploi du temps pour cette semaine, n'a pas été reconduit parce qu'elle a exercé son droit de retrait.
Samedi, ces enseignants ont également reçu une missive de leur direction qui évoque « un motif futile » et qualifie le mouvement de « grève surprise ». Elle fait part de son « indignation » et de sa « profonde déception », terminant par « votre réaction […] pourra nécessiter une mise au point individuelle ».
Isabelle Vilarinho, du CHS-CT, a bien conscience du fait que « juger de notre mal-être est plus difficile que de dire « cette machine est défectueuse, je cours un danger en l'utilisant » mais il existe bel et bien, cela représente un danger pour notre santé. Ce n'est pas la première fois que nous abordons le sujet mais à chaque fois, il a été balayé d'un revers de la main. Maintenant, nous exigeons une solution ».
En l'occurrence, une réunion avec la direction afin de mettre en place une réelle concertation pédagogique, une uniformisation des méthodes de travail qui éviterait selon eux bien des heurts. Mais visiblement, ce n'est pas gagné. Hier, la direction du CFA n'a pas plus répondu à nos sollicitations qu'à celles de ses salariés.
Lucie LEFEBVRE
llefebvre@journal-lunion.fr
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