Publié le dimanche 14 novembre 2010 à 12H00 - Vu 72 fois
Photo Philippe Turpin/MAXPPP
Chez tous les êtres issus d'une reproduction sexuée, c'est la fusion des gamètes mâles et femelles (spermatozoïdes et ovocytes chez les humains) qui assure la transmission du patrimoine génétique nécessaire au développement de l'embryon. Cette transmission est en partie aléatoire, mais elle permet que chaque cellule non reproductrice des descendants contienne un double jeu de chromosomes porteurs chacun des mêmes gènes, les uns dans la version provenant des spermatozoïdes, les autres de l'ovocyte. Ces différentes versions sont appelées « allèles », et l'on distingue les allèles « récessifs » des allèles « dominants », les premiers ne s'exprimant qu'en l'absence des seconds. Or quand le père et la mère sont issus d'une même famille, les risques pour que leurs enfants héritent d'allèles délétères (porteurs de mutations dommageables) identiques sont accrus, et donc les risques que ces enfants ne soient pas viables ou malades : c'est le phénomène biologique appelé « dépression de consanguinité ». Cependant des travaux sur des poissons a souligné la fragilité du dogme du fondement biologique de l'inceste, et pas seulement chez ces poissons : chez l'homme, la dépression de consanguinité est relativement faible et pour certains groupes indiens et pakistanais, l'accouplement consanguin s'est avéré être un vecteur de fertilité assez important pour compenser l'excès de mortalité juvénile qu'il engendrait. Et les pratiques incestueuses des pharaons que les récentes découvertes sur les parents de Toutankhamon ont remises sur le devant de la scène se joignent à cette idée pour suggérer que notre rapport à l'inceste a une origine culturelle, au moins autant que naturelle.
D'après V.Gu.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez