Publié le jeudi 09 février 2012 à 12H00 - Vu 367 fois
En plus de ses difficultés « internes », le centre hospitalier de Chauny doit aujourd'hui faire face à la concurrence d'un cabinet médical installé à Tergnier et géré par le groupe privé Courlancy.
AU départ, l'idée avait été jugée farfelue. Voir s'installer un cabinet médical « concurrent » du centre hospitalier, rien de bien sérieux. En fait si, puisque le groupe Courlancy via la clinique Saint-Christophe de Soissons vient d'ouvrir une structure à Tergnier.
Urologie, orthopédie, anesthésie, chirurgie… bref les praticiens sont là pour travailler et le cas échéant envoyer les patients vers la clinique soissonnaise.
« Nous nous félicitons que la population du bassin de vie de Chauny-Tergnier puisse bénéficier d'un service d'urologie sur le territoire via ce cabinet, pour le reste nous sommes beaucoup plus réservés », a fait savoir Erik Le Leuxhe, directeur adjoint du centre hospitalier de Chauny.
Pour lui, le reste des activités proposées par le cabinet entre directement en concurrence avec l'hôpital chaunois. « Il semble clair que le but est d'orienter les patients vers la clinique de Soissons. Dans ce cas se pose la question du transport des patients au niveau des finances publiques. Car ceux qui se rendront là-bas auront certainement droit à un transport spécifique pris en charge par la sécurité sociale, donc par le contribuable, alors qu'ils auraient pu être soignés de façon identique à Chauny donc moins loin et moins cher. »
Faire fuir les patients
Est-ce donc la bataille du public contre le privé qui s'engage sur le territoire et la clinique Saint-Christophe compte-t-elle profiter du déficit d'image dont souffre l'hôpital de Chauny ?
Toujours est-il que pour les Chaunois, l'objectif de la nouvelle structure, qui fonctionne depuis lundi, est de « faire fuir les patients ». Le terme exact est « taux de fuite ». Les responsables du centre hospitalier espèrent bien que ce taux ne va pas grimper en flèche. « De plus, Soissons ne fait pas partie de notre territoire hospitalier, mais nous ne pouvons de toute façon pas aller contre l'installation d'un cabinet comme celui-ci », rappelle le directeur adjoint.
Du côté de Courlancy, personne ne s'est exprimé. Un rendez-vous pris, hier après-midi, a été annulé au tout dernier moment.
Toujours est-il que, désormais, ce sera aux patients de faire leur choix : se tourner vers l'hôpital public « sur le pas de leur porte » ou aller vers la clinique privée à une trentaine de kilomètres.
Tout est question de choix. L'hôpital qui pensait peut-être avoir un peu de temps pour redorer son blason va devoir le faire beaucoup plus vite que prévu.
Samuel PARGNEAUX
spargneaux@journal-lunion.fr
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