Publié le lundi 15 août 2011 à 11H00 - Vu 58 fois
Voilà un des plus étranges courriers que l'on ait pioché. Dans cette œuvre d'art(-)plastique, le recto et le verso se complètent, comme une face a son dos
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes) Chaque année, ils sont des dizaines à écrire à Arthur Rimbaud. Grâce à la précieuse collaboration d'Alain Tourneux, nous vous proposons de découvrir ensemble quelques unes de ces lettres (non accessibles au public), tout au long de l'été, du lundi au vendredi. Reconnaissants, enflammés, fraternels, émouvants ou loufoques, ces messages témoignent de l'éternité de l'enfant prodige de Charleville.
Quel étrange courrier. On ne saurait par quel bout le prendre s'il n'y avait cet anneau, semblable à celui d'un porte-clef, accroché à l'un des côtés.
Cette enveloppe plastique en protège une autre, complètement dissimulée par un assemblage de collages.
L'enveloppe à l'intérieur sert de squelette à une composition colorée et, à première vue, éclectique. Une mer au crépuscule, des bonshommes près à toucher la lune, des morceaux de feutrine, des fleurs tricotées, des coquillages, du coton, un ruban, un billet de banque brésilien, des timbres (la Dune du Pilat, les mégalithes de Carnac, le phare du Stiff...) des papillons en tissus et en papier...
Des clichés en apparence, mais présentés de façon complètement décalée...
Est-ce une façon d'illustrer le long poème « Ce qu'on dit au Poète à propos de fleurs... » dans lequel Rimbaud se moque des attributs du romantisme et du Parnasse ?
A y regarder de près, cette composition a en effet été minutieusement construite par son auteur, Hélène, qui l'envoie de Maison-Laffitte.
Certaines images se répondent comme celle de ce mannequin de couturier qui, orné d'un collier côté face, dévoile une paire d'ailes côté pile.
Et puis ajoutés d'une écriture soignée, il y a des mots, des jeux de mots et des vers... «Muse et Rimbaud», «C'est léger léger...» ; «Son amour est un feu, tout pauvre que nous soyons, n'éteignons pas le feu, n'éteignons pas l'esprit » ; «Arrivée de toujours» ...
Sans doute autant de références directes ou suggérées à l'œuvre du poète (Le bateau ivre ; Un cœur sous une soutane ), jetées pêle-mêle, mais recto-verso tout de même.
Des indices qui nous mènent sur les chemins de Rimbaud, "le beau aime".
N.D.
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