Publié le vendredi 02 avril 2010 à 10H32 - Vu 4 fois
La situation est d’autant plus préoccupante qu’à ce jour, les salaires de Plysorol Magenta n’ont toujours pas été versés et pourraient ne jamais l’être. « Aujourd’hui, il n’y a plus de trésorerie, » déplore Marie-Christine Malet, la secrétaire du CCE.
« Epernay et Fontenay-le-Comte sont au chômage partiel depuis lundi et pour quinze jours. Lisieux suivra dès lundi prochain, il n’y aura donc pas de rentrée de trésorerie.La direction de Magenta a tout fait pour récupérer de la matière première, mais M. Wu a fait annuler les commandes. Le risque est grand de ne pas reprendre le travail le 12… Tout a été programmé, c’est prémédité. » Et de s’interroger : « 11 millions d’euros de stocks ont été vendus en septembre. Aujourd’hui, le trou est pourtant de 7 millions d’euros. Où est l’argent? »
Une accumulation de dettes
Guohua Zhang, l’actionnaire chinois arrêté au Gabon la semaine dernière pour « faux et usage de faux » et pour « avoir employé des travailleurs chinois sans papiers » (notre édition du 26 mars), libéré depuis mais avec interdiction de quitter le Gabon, accumulerait différentes dettes, notamment auprès des douanes gabonaises « pour des droits impayés sur les importations de ciment ».
En France, c’est l’Urssaf qui a demandé l’ouverture d’une procédure judiciaire… Les chiffres avancés sont colossaux : on parle de 7 millions d’euros de dettes à l’égard des fournisseurs.
Mardi, le tribunal de grande instance de Reims a d’ailleurs renvoyé au 21 avril un procès pour non-paiement de prestations à une entreprise de transports. Lundi, ce sont les salariés de Magenta qui ont porté plainte auprès du commissariat d’Epernay pour « abus de bien sociaux, non-paiement des cotisations mutuelles et détournement de fonds ou de matériel pouvant se révéler au cours de l’enquête ».
« Aujourd’hui, l’important est de ne pas se laisser abattre. Il y a toujours un espoir pour Plysorol. On sait qu’il existe des repreneurs potentiels. Ils sont toujours là. Il faut simplement espérer qu’il ne soit pas trop tard. »
Le tribunal de commerce de Lisieux a nommé, vendredi dernier, un rapporteur qui devra indiquer, le 30 avril, si l’entreprise doit être placée en redressement judiciaire.
« C’est tout ce que nous espérons », reconnaît Marie-Christine Malet. « M. Wu aura réussi une chose dans cette histoire : à faire l’unanimité entre les ouvriers, les salariés, les commerciaux et les cadres. Tout le monde veut aller au redressement judiciaire. »
C.G.
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