Publié le vendredi 10 février 2012 à 12H00 - Vu 503 fois
Le portable et le lycéen, c'est comme un prolongement de la main. Mais après tout, les adultes sont souvent pareils, voire pire....
Se passer de son téléphone mobile ? Oui, mais non ! C'est un peu la réponse des lycéens. Cet objet leur sert à tout et devient presque la prolongation de leur main.
Trois jours sans téléphone mobile : le challenge proposé par l'écrivain Phil Marso depuis 2001 n'est pas encore très bien connu. Ou alors nous sommes arrivés à une génération née avec un portable et incapable de seulement penser s'en passer.
Nous avons demandé à des lycéens comment ils vivaient avec leur téléphone, ainsi qu'à des proviseurs. Les jeunes avouent souvent laisser leur mobile allumé en cours, sur vibreur ou en mode silencieux bien sûr. Au risque de se le faire confisquer, pour la journée ou pour la semaine. Au collège, ce sont même les parents qui viennent le récupérer, pour être sûr qu'ils sont au courant.
Jessy et Fabien, de Libergier, ont absolument besoin d'un portable. « Sinon, on ne pourrait pas rentrer, car on n'habite pas à Reims. » D'ailleurs, ils en ont eu un à leur entrée au lycée. Ce qui est loin d'être le cas de tout le monde. Marine, toujours à Libergier, a son téléphone depuis l'âge de 13 ans. « Je l'ai tout le temps avec moi, il est toujours allumé. J'écoute de la musique, je vais sur internet et j'envoie et reçois des SMS, évidemment ».
Génération texto : c'est ce que dit le proviseur de Clemenceau, Maurice d'Angelo.
« Ce sont les nouveaux comportements des ados, pour lesquels il faut des réponses adaptées. Envoyer un petit texto rapide, sous prétexte de regarder l'heure, c'est d'une grande banalité pour eux. Ils pensent pouvoir à la fois écouter et utiliser leur portable, alors que cela nous semble non compatible. »
Addiction
Le proviseur essaie donc de réguler l'usage du portable, avec des règles de civilités. « L'usage en est limité aux espaces où il n'y a pas de cours. Après, il s'agit d'acquérir un savoir-vivre, comme ils devront l'avoir plus tard, pour éviter de téléphoner dans les couloirs, dans le restaurant scolaire… » Pour Maurice d'Angelo, on retrouve le même comportement chez beaucoup d'adultes…
Son collègue de Jean-Jaurès, Dominique Montagne, parle même « d'addiction. C'est un vrai problème sociétal, générateur de stress. Ce sont parfois les parents qui sont angoissés et se rassurent avec ce lien électronique. Le portable est autorisé dans la cour. On n'a pas le droit de mettre un brouilleur, mais on a parfois des triches, surtout avec les smartphones. »
Il rappellera qu'au bac, si on a un portable sur soi, même éteint, on est considéré comme fraudeur potentiel.
« Dans une classe de 35 élèves, ce n'est pas évident de tout vérifier. Le plus souvent, les jeunes envoient des SMS ou regardent leurs mails. »
Il sera de plus en plus compliqué de priver les lycéens de leur téléphone mobile, qui semble souvent un appendice de leur main.
Mais beaucoup d'adultes montrent le même exemple, même dans le travail…
G.F.
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