Les langues étrangères au menu des restaurateurs

Les langues étrangères au menu des restaurateurs

Publié le mercredi 27 juillet 2011 à 11H00 - Vu 86 fois

LAON (Aisne) Pour satisfaire la clientèle étrangère, les restaurateurs laonnois se mettent à l'anglais… ou à la langue des signes.

ON aurait voulu le faire exprès qu'on ne s'y serait pas pris autrement. Alors que nous discutons avec les deux vendeuses de la Biscuiterie d'antan, place du Marché aux herbes, de la difficulté - ou pas d'ailleurs - de converser avec la clientèle étrangère, voilà qu'arrivent quatre Hollandais, bien décidés à prendre un pot en terrasse.
« Four coffees », demande l'un d'eux. « Small or large ? », leur demande la serveuse. Et là, surprise, le même répond « Quatre petites s'il vous plaît ». Sourire entendu de la demoiselle qui nous affirmait, deux secondes plus tôt, que la plupart des touristes font l'effort de parler en Français, ne serait-ce que quelques mots. « De notre côté, on maîtrise le vocabulaire de base : les formules de politesse, les chiffres pour donner les prix, et quelques mots sympas. Franchement, on ne se plaint pas, ce n'est pas comme si on devait prendre la commande d'un repas complet », assure-t-elle, un rien soulagée à l'idée de ne pas avoir à détailler tous les ingrédients de telle ou telle salade composée.
Didier Lemerle, le patron du Parvis, prend les choses avec philosophie.

Sur la table d'à côté

Même si la maîtrise de la langue de Shakespeare fait partie de ses exigences quand il recrute du personnel, il ne leur demande pas non plus d'être bilingues. « Il faut juste qu'ils arrivent à comprendre ce qu'on leur demande et qu'ils se fassent comprendre. En général, les touristes étrangers font l'effort de parler Français mais parfois, c'est plus difficile ». D'évoquer la clientèle des pays de l'Est, notamment des Lituaniens ou des Polonais, très présente cet été et qui pour le coup, ne parle pas un mot ni d'anglais, ni de français. « Il faut ruser : ils regardent sur les tables à côté et nous montrent ce qu'ils veulent. Et pour les boissons, ce n'est pas compliqué, en général ils veulent une bière ou une bonne bouteille de vin », explique Didier Lemerle pour qui le vrai problème avec la clientèle étrangère, ce n'est pas tant la barrière de la langue que leurs habitudes, comme celle de commander un plat du jour à 15 h 30, ce qui est difficilement réalisable. Philippe Detalle, aux Arcades, joue à fond la carte anglaise au moment de la Montée historique avec une carte traduite dans leur langue mais le reste du temps, elle est en français et cela ne pose pas problème.

« Trois serveurs parlent anglais couramment et les autres baragouinent, il y a toujours quelqu'un pour sauver la mise » explique celui qui s'amuse de voir des parents inciter leurs enfants à parler français. « Bonjour, merci, au revoir : je ne voyais pas ça quand j'ai commencé, il y a 32 ans. À l'époque, c'était plus compliqué car non seulement, eux ne faisaient pas d'efforts mais nous, on n'apprenait pas l'anglais de manière aussi poussée à l'école hôtelière. Les choses ont bien changé et c'est tant mieux, c'est bien plus convivial comme ça ».
Si les restaurateurs sont unanimes sur la bonne volonté des Anglais pour se faire comprendre, il semble que ce ne soit pas vraiment le cas des Hollandais.

L'union l'Ardennais