Publié le samedi 24 décembre 2011 à 12H00 - Vu 125 fois
Tous les matériaux sont utilisés pour construire sa crèche, ici en papier et personnages en céramique.
Catholique ou pas, la crèche fait partie des décorations de Noël. Connaissez-vous pour autant la signification de cette représentation de la Nativité ?
EN BOIS, en carton, en papier… Il existe autant de crèches que de foyers qui l'accueillent. On la retrouve partout dans les rayons des magasins, dans les vitrines des commerces, dans les églises bien entendu et même parfois au pied des sapins dans les lieux publics.
Chez les catholiques, la construction de cette représentation de la naissance de Jésus est une tradition familiale ! Elle a été instaurée par saint François d'Assise au XIIIe siècle.
La crèche issue du mot latin cripia veut dire mangeoire. Elle est souvent représentée par une étable. On y place Marie et Joseph autour d'une mangeoire justement, où sera déposé le petit Jésus la nuit de Noël. La famille est entourée d'un bœuf, d'un âne, de moutons parfois… D'autres personnages peuvent aussi s'y trouver comme des bergers et les Rois mages.
Cette représentation de la Nativité est bien loin du texte originel de l'évangile selon saint Luc. Ce texte lu dans chaque église la nuit de Noël, ne donne pas autant de détails. Selon l'abbé Gandon de la paroisse de notre Dame des trois vallées, l'interprétation et l'anecdotique ont pris le pas sur l'histoire d'origine et son message.
La mémoire populaire veut que Jean ait emmené Marie pour enfanter dans une étable. Or saint Luc n'en parle pas. Le seul détail donné est le lieu où est déposé l'enfant, la fameuse mangeoire. « De cet indice, on en retire des conséquences », analyse l'abbé.
Entretenir la mémoire
Les animaux que l'on retrouve dans la représentation de la crèche, ne sont pas plus cités. Il est néanmoins normal de les trouver dans une étable. Pour l'abbé, leur présence a une autre signification. « Cela fait référence à Isaïe », explique-t-il. « Le prophète reprochait au peuple d'Israël de ne pas connaître le chemin vers Dieu alors que l'âne et le bœuf reconnaissent leur maître. Si l'on retrouve ces animaux, c'est pour signifier que Jésus est le chemin qui mène à Dieu. »
L'interprétation au-delà des textes, ne s'arrête pas là. Les bergers représentent la classe la plus basse de la société et les Rois mages (pas évoqués dans l'évangile selon saint Luc) les peuples lointains. Une façon de dire que « Jésus vient pour tous », indique l'abbé Gandon. L'homme de Dieu reconnaît néanmoins l'avantage de cette tradition de la crèche au pied du sapin : « Elle permet d'entretenir la mémoire de l'événement. » Comme chaque année, l'évangile selon saint Luc sera lu à l'assemblée des fidèles pour la messe de la nuit de Noël afin « de rétablir le récit originel .»
Isabel DA SILVA
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