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Les ados, premières à avorter

Publié le vendredi 05 février 2010 - Vu 138 fois


LE SERVICE IVG. IVG

ST¿PHANIE GRUSS


SOIXANTE-CINQ interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été pratiquées en 2009 à l'hôpital vitryat. Leur nombre s'élevait à 79 en 2008, 207 en 1993. Selon le Dr Benhaddou, gynécologue obstétricien et chef de service, cette baisse est liée au vieillissement de la population et au dépeuplement démographique. Et non à un problème d'accès.

« IVG, hospitalisation et consultation maternité, gynécologie » est indiqué dès l'entrée de l'hôpital. Sur les trois gynécologues obstétriciens, deux, les Dr Nken et Alfarj, accueillent de manière anonyme, écoutent et conseillent les jeunes filles désirant interrompre leur grossesse. « La majorité d'entre elles sont des adolescentes, âgées de 14 à 18 ans, constatent-ils. Elles ne prennent pas de contraception et découvrent la sexualité pour la première fois avec leur petit ami… Ou alors, elles ont oublié de prendre un jour la pilule… ».

Une psychologue

Sur les 65 IVG pratiquées en 2009, 45 concernaient des avortements médicamenteux, 20 seulement des IVG chirurgicales sous anesthésie. Une pratique qui tend à se développer. « L'avortement médicamenteux évite l'anesthésie générale et les risques liés à tout acte chirurgical », précise le Dr Nken. Cette méthode demeure également moins coûteuse : 257,91 euros contre 382,32 euros en 2009.

Oui mais voilà, l'avortement médicamenteux ne peut être effectué que jusqu'à 7 semaines d'aménorrhée, soit 49 jours révolus. « Durant cette période, il faut compter le délai de réflexion obligatoire d'une semaine durant lequel la jeune fille peut changer d'avis », insiste le gynécologue obstétricien. Les femmes désirant à tout prix mettre fin à leur grossesse sont alors prises en charge. « Je leur donne un premier comprimé, puis un autre, explique le Dr Nken. Elles restent quelques heures à l'hôpital jusqu'à l'expulsion de l'embryon. Je vérifie ensuite à l'échographie que tout est parti ». Une psychologue est attachée au service maternité. « On peut toujours faire appel à elle dans certains cas. Sinon, il y a les sages-femmes », souligne Francine Kehr, cadre du pôle mère-enfant de l'hôpital.

« Non à la 5e IVG ! »

Les ados, qui découvrent trop tard qu'elles sont enceintes, n'ont alors pas d'autre choix que de recourir à la chirurgie. Depuis la loi de 2001, elles ont jusqu'à 12 semaines de grossesse pour faire une IVG. « Au-delà, je ne pratique plus d'avortement, prévient le Dr Nken. J'envoie les patientes au CHU de Reims ou à Troyes. Plus la grossesse avance, plus les risques grandissent… »

Ce gynécologue obstétricien refuse rarement une IVG. Il cite cependant l'exemple d'une poignée de femmes, âgées de 22 à 33 ans, qui ont recours régulièrement à l'avortement. « Après une, voire deux IVG pratiquées sur une même personne, je pose un implant contraceptif ou un stérilet, la pilule n'étant visiblement pas utilisée correctement. Si la jeune fille revient quelques mois plus tard pour enlever ce moyen de contraception et qu'elle retombe enceinte, je refuse alors de mettre fin à sa grossesse. Mardi, j'ai renvoyé une femme qui avait déjà subi 4 IVG. Elle attendait des jumeaux et elle voulait se faire avorter une cinquième fois. J'ai dit non et je l'ai envoyée voir quelqu'un d'autre ! »

Comme le martèle ce gynécologue obstétricien : « L'IVG n'est pas un moyen de contraception ».



Stéphanie GRUSS

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