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Le virus se rapproche des Ardennes

Publié le vendredi 03 février 2012 à 09H43 - Vu 76 fois



Transmis par les insectes, frappant essentiellement les ovins, mais aussi les bovins et les caprins, le virus de Schmallenberg touche désormais la France. Dans les Ardennes, trois cas suspects ont été détectés dans les Crêtes préardennaises, les Trois Cantons et le Vouzinois. Le spectre de la langue bleue fait craindre le pire aux éleveurs.

C'EST par un communiqué relativement anxiogène que le ministère de l'Agriculture a annoncé, mercredi, l'apparition du virus de Schmallenberg.
Observé pour la première fois, cet automne aux Pays-Bas et en Allemagne, ce virus a rapidement gagné la Belgique, la France et le Royaume-Uni.
En France, il a déjà été repéré dans une trentaine d'exploitations ovines, situées dans dix départements du Nord.
La Picardie dans sa totalité et une grande partie de la Lorraine sont concernées. Les départements les plus proches de nous sont la Meuse, la Haute-Marne et l'Aisne (lire par ailleurs).
Dans la région (qui compte près d'un millier d'exploitations ovines et 130.000 ovins), seule la Haute-Marne connaît ses premiers cas avérés (cinq selon Jean Notat, président de la Chambre régionale de l'agriculture).

Trois cas suspects

Avec près de 50.000 ovins répartis dans quelque 600 exploitations, les Ardennes, bien que cernées, étaient hier officiellement épargnées.
L'État reconnaissait toutefois, en fin d'après-midi, « trois cas de suspicion »… Autrement dit, des éleveurs ayant détecté dans leur troupeau des comportements ou symptômes proches de ceux observés ailleurs : fièvres, diarrhées et surtout des malformations néonatales et une mortalité accrue à la naissance.
Arrivant tout juste des Landes et ayant pris ses fonctions ce mercredi dans les Ardennes, le Dr Arthur Tirado, vétérinaire de formation et nouveau directeur de la DDCSPP (*), explique que « ces trois cas sont en cours d'analyses au laboratoire de référence de Maisons-Alfort, après l'envoi d'échantillons ces derniers jours ».
Le premier, situé dans le canton de Raucourt, s'est avéré négatif. Quant aux deux autres, qui concernent deux villages des cantons de Vouziers et Attigny, les résultats sont en attente.
Arthur Tirado insiste également sur le fait que « ce virus n'a pour l'instant pas de conséquences importantes, ni du point de vue sanitaire, ni du point de vue économique ».

« Aucune information »

Il inquiète cependant de plus en plus les éleveurs, traumatisés par la maladie de la langue bleue.
Certains se plaignent de manquer d'information, comme Jean-Pierre Brouillon, président de l'APA 08 (Association de production animale). « Que ce soit à l'APA ou au Foirail à Rethel, on n'a aucun renseignement. On n'a ni informations, ni prévisions. »
Le président de la Chambre départementale de l'agriculture, Pierre Michel, indique lui aussi n'avoir « aucune information » sur le sujet.
Arthur Tirado, pour la DDCSPP, explique qu'« une plaquette d'information vient d'être réalisée par le GPS (Groupement de défense sanitaire), à destination des éleveurs ».
Près de 2 600 éleveurs devraient la recevoir sous peu. Entre autres renseignements, y est précisé que tous les éleveurs détectant des comportements inhabituels chez leurs animaux, pouvant être liées au virus de Schmallenberg, doivent en référer à leur vétérinaire.
Afin de mieux connaître et combattre ce virus, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, a également chargé l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) d'évaluer l'impact de la maladie. Les services du ministère indiquent aussi « que les experts travaillent pour mettre au point un test sérologique de diagnostic et un vaccin adapté ».

Guillaume LÉVY

* Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations.

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