Publié le samedi 16 octobre 2010 à 11H00 - Vu 340 fois
L'artiste a lui-même supervisé la pose de ses œuvres. Avec précision et l'émotion d'exposer enfin dans les rues de sa ville.
IL avait surtout l'air d'un chef de chantier. Avec son petit bonnet de laine noire et ses chaussures pleines de poussière, Christian Lapie n'a pas assisté, vendredi matin, à la mise en place de ses œuvres place Stalingrad. Il n'y a pas assisté, il les a installées lui-même. L'artiste a guidé centimètre par centimètre la pose de ses silhouettes taillées dans le bois. Quatre d'un côté de la place, trois de l'autre.
Après les avoir dessinées et sculptées dans son repaire de Val-de-Vesle, il était heureux de les sceller définitivement dans le sol de Reims. Celles-ci au moins, il est sûr de les voir plus souvent que toutes celles déjà dressées à travers le monde.
Alors qu'autour de lui, des élus, des financeurs, des admirateurs, quelques détracteurs précoces, s'agitaient tel un essaim d'abeilles, il s'est éloigné d'eux pour regarder ce que donnaient ses œuvres : « C'est seulement maintenant qu'elles deviennent réalité. Les voir à Reims me touche affectivement. C'est ma ville. »
100.000 euros les 16 statues
Et les silhouettes, elles, qu'ont-elles vu depuis leur hauteur de 6 mètres ? D'abord des Rémois à l'œil curieux et surpris. Elles ont forcément reconnu ceux qui les ont financées. 100.000 euros tout de même pour les sept silhouettes de la place Stalingrad et les neuf qui seront placées dans quelques mois à la gare TGV de Bezannes.
Une fois n'est pas coutume, il ne fallait pas regarder du côté de la maire et des contribuables pour trouver ceux qui ont payé. Il fallait regarder vers Didier Janot, président du club d'entreprises Prisme. Un groupe d'une trentaine de boîtes locales qui ont la bonne idée de pratiquer le mécénat culturel : « On ne cherche pas à être remercié ou à soigner notre image, ceux qui sont membres de Prisme ont simplement une certaine philosophie de l'entreprise », précise Didier Janot. Mars, groupement constructeur du tramway, a aussi largement mis la main à la poche : « On a voulu faire ce cadeau parce qu'il collait bien avec nos travaux. Il permet de donner encore plus de cachet à cette place Stalingrad. La ligne effilée des silhouettes rappelle bien celle du tram et la couleur noire encadre parfaitement les couleurs des rames », souligne Christian Messelyn, définitivement fan des silhouettes de Lapie. Reste aux Rémois à les apprivoiser. Ou le contraire.
Catherine FREY
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