Publié le mercredi 19 décembre 2012 à 08H40 - Vu 1093 fois
« Ce sera une brasserie type 1925, pur jus, avec un écailler, aucun surgelé. Il y aura un chef qui a déjà des étoiles dans le quartier. Nous allons tout casser, du moins dans les cuisines, pour tout remettre aux normes », annonce Michel Guyomard.
Il en a un peu ras le bol des lamentations du gérant de la brasserie du Boulingrin. Il a choisi de nous expliquer son point de vue et rappelle que le lieu restera une brasserie, type 1925.
« Il instrumentalise les salariés, les prend en otages. Non, les licenciements des salariés du Boulingrin ne sont pas inéluctables ». Michel Guyomard, propriétaire des murs de la brasserie du Boulingrin, veut mettre les points sur les i dans cette affaire qui a fait beaucoup de bruit dans le Landerneau rémois.
Ce restaurant est en effet un des plus connus de la ville. « C'est moi qui l'ai repris en 1989. Bernard Victor-Pujebet était mon salarié à Paris, je l'ai persuadé de venir en province. Je lui ai donné le resto au départ ! En 1996, je lui ai proposé de lui vendre, il n'a pas voulu. Idem en 1998. Pourtant, il aurait dû payer 4 millions de francs, alors qu'il payait 360 000 francs de loyer.»
Michel Guyomard, comme tout propriétaire, surtout de commerce, a le choix de renouveler le bail ou non. « On a choisi l'option de changer. Je spéculais déjà en 1989 que le quartier allait bouger. Mais encore en 2006, quand j'ai dit à Bernard que je ne renouvelais pas le bail, je ne savais pas comment il allait évoluer ».
Voilà pour l'histoire. Maintenant l'avenir : « Je ne sais pas d'où viennent ces bruits de brasserie parisienne ou resto de luxe. Ce sera une brasserie type 1925, pur jus, avec un écailler, aucun surgelé. Il y aura un chef qui a déjà des étoiles dans le quartier. Nous allons tout casser, du moins dans les cuisines, pour tout remettre aux normes ».
Ce devrait être chose faite pour le mois de septembre 2013. « Ce que je voudrais, c'est une date précise du départ de Bernard Victor-Pujebet. » Rappelons que ce dernier a été condamné à quitter les lieux sous 15 jours, c'est-à-dire à la fin de l'année, sous peine d'une astreinte de 500 euros par jour. « Je lui ai fait une nouvelle proposition : il reste six mois (NDLR : le délai demandé par le patron), mais part à une date fixe, ce qui me permet de savoir quand débuter les travaux, et pour lui, de faire les siens dans son futur établissement ». (*)
« Il y a trop de restos dans ce quartier ! »
Le propriétaire y met quelques conditions : une date certaine de libération des lieux, donc ; que Bernard Victor-Pujebet renonce « à sa volonté de terre brûlée » ; arrêter les « chicanes juridiques »… Car selon Michel Guyomard, le patron de la brasserie du Boulingrin « a touché les indemnités des assurances. Et ce n'est pas une petite somme ».
Celles-ci se monteraient à 65 voire 80 % du dernier chiffre d'affaires. II lance aussi une autre pique : « Il a racheté le Petit comptoir et embauché du personnel nouveau. Pourquoi ne pas avoir réservé ces postes aux salariés du Boulingrin ? »
Ce dont Michel Guyomard est sûr, « c'est qu'il y a trop de restos dans ce quartier ! Et trop cher : moi, je ferai un ticket moyen peu cher ». Passionné de cuisine, il répète que « ce lieu me tient à cœur ». On verra si les Rémois choisissent le lieu « relooké » ou le nom, Brasserie du Boulingrin, que pourrait garder Bernard Victor-Pujebet.
*Bernard Victor-Pujebet pourrait ouvrir une brasserie au bout de la rue de Mars à la place de la verrerie.
Guillaume FLATET
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Les dernières contributions
EricPomme
Ermeton sur Biert
20/12/2012 à 01h03
Ça ne donne pas envie d'aller manger ni chez l'un ni chez l'autre, ce "crêpage de chignons" !
denisD
19/12/2012 à 17h58
affaire à suivre ...
biotiful123
19/12/2012 à 17h48 | 1
Qu'est-ce qu'on en a à faire franchement de leur guéguerre de bourgeois plein de fric sur fond de crise financière mondiale ??!!..
odettemadeleine
19/12/2012 à 14h25
Il était temps d'avoir le point de vue du propriétaire !
Certains de ses propos permettent d'envisager cette affaire sous un angle "légèrement" différent.