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Le furet, l'arme (presque) fatale

Publié le vendredi 13 janvier 2012 à 09H01 - Vu 95 fois



Non, Frédéric Geysels n'a pas cédé à la mode des Nac (nouveaux animaux de compagnie). Pourtant, il s'occupe de ses furets avec une attention digne de celle d'une mère pour ses petits. Deux sont mis à contribution ce matin-là. Et pour une mission qui n'a rien de domestique : chasser le lapin de garenne qui pullule le long de l'autoroute A4. Enfin, l'ex-A4, la traversée urbaine de Reims, juste avant le péage de Taissy.
Les terriers ne mentent pas, la zone sert d'habitat à de nombreux lapins. Comme les 44 chasseurs sous contrat annuel avec la Sanef dans la zone rémoise, Frédéric Geysels s'est engagé à chasser au moins une fois par mois le mammifère à longues oreilles sur l'emprise foncière de l'autoroute. Chef d'équipe au centre Sanef de Tinqueux, il connaît particulièrement bien les zones souffrant de surpopulation. Alors, après avoir prévenu la Sanef de cette chasse, sur un jour de repos, cette dernière alertant la gendarmerie de l'autoroute et le centre de sécurité à Metz de leur présence sur les bas-côtés, notre chasseur, accompagné d'un ami, part le long de ce grand talus avec un attirail assez atypique. En l'absence de fusil et avec des tubes grillagés sous le bras, on pourrait les prendre pour des pêcheurs. Sauf qu'en plus de ces tubes, Frédéric Geysels porte, sur l'épaule, une caisse en bois. À l'intérieur, les deux furets.
« Va gagner ta croûte »
Le principe est simple. Après avoir repéré plusieurs terriers dans une zone de quelques mètres carrés, signes de galeries qui peuvent mesurer jusqu'à 5 ou 6 mètres sous terre, il reste à placer, devant ces sorties, les fameux tubes grillagés. Longs d'une soixantaine de centimètres, ils sont formés d'une porte qui ne permet que d'y entrer, se bloquant ensuite. Le lapin est pris au piège une fois qu'il a entièrement engagé son corps… Sur les terriers plus larges, ce sont des « bourses » - des filets de coton - qui sont positionnées, attendant que les lapins en fuite viennent s'y emmêler…
« Allez, va gagner ta croûte ! », lance Frédéric Geysels à son furet mâle, celui qu'il ne céderait « pour rien au monde car s'il y a quatre lapins dans un terrier, il va tous les faire sortir ! ». Sur ce premier essai, le furet pointe sa tête dans tous les tubes, ayant fait le tour du réseau… Pas de lapin ! Il faut attendre le troisième lieu pour qu'un lapin ne vienne s'emprisonner. Notre piégeur le sort du tube grillagé par les pattes arrières. La tranche de la main tombe derrière la tête, le coup du lapin. L'animal meurt instantanément.
Parfois, le second furet, une femelle, est mis à contribution, autant pour chasser les lapins que pour faire revenir le mâle qui explore les galeries depuis près de 10 minutes. Le furet mâle ressort avec des poils sur les griffes, le lapin restera à jamais au fond du terrier… Il arrive aussi que ce dernier l'emporte, réussissant à faire marche arrière pour ressortir du tube grillagé et se planquer dans le terrier. Il ne réapparaîtra pas. Pareil, lorsqu'il ne pointe que le bout de son nez dans le tube et, voyant des humains, fait marche arrière.
« Pas là pour exterminer »
« C'est une chasse plus noble du fait qu'il n'y a pas d'arme… », souligne Frédéric Geysels, rappelant que sans autorisation, cette pratique est assimilée au braconnage. « Nous opérons uniquement pendant la saison de chasse, attendant que les petits grandissent, car le furet les tue. Il faut respecter le renouvellement de l'espèce, nous ne sommes pas là pour exterminer. » Juste pour juguler une population dont l'explosion démographique perturberait le fonctionnement de ces axes de communication.

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