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Le feuilleton continue

Publié le mercredi 09 septembre 2009 à 01H00 - Vu 1 fois



 

PARTAGE._ Les quelque vingt millions de dommages et intérêts se répartissent ainsi : 12 millions pour le liquidateur qui a réglé, entre autres, les indemnités et les frais fixés par les prud’hommes et 8 millions pour la région et le département (prime d’entrée dans le contrat de transition professionnelle) et la communauté d’agglomération (perte de la taxe professionnelle).

SCHENGEN._ Sauf à ce qu’ils commettent « l’imprudence » de se présenter à un poste frontière d’un pays signataire des accords de Schengen (ils figurent dans le fichier commun des personnes recherchées), « en l’état, il y a peu de chances que Greg Willis et Catherine Zickfeld soient arrêtées » estimait hier l’avocat des salariés, Xavier Médeau, de retour du tribunal rémois où il avait tenu à assister au rendu du délibéré. « Mais il est toujours de l’opportunité du ministère public de se retourner effectivement contre Catalina (comme le liquidateur peut également le faire). Quant à faire en sorte que la justice et la police américaines acceptent de prendre le relais de leurs homologues français… »

A ce sujet, sans remonter au temps où le procureur Nachbar, le jour de la liquidation, avait calmé la colère des métallos

massés dans le hall du palais de justice carolo en leur promettant de faire jouer « les conventions judiciaires qui unissent la France et les Etats-Unis », les protagonistes du dossier gardent en mémoire les propos, début juillet, du Châlonnais Benoist Apparu. Fraîchement nommé secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu avait été pris de court par nos confrères de France 3. Interrogé sur le plateau du journal, en direct, à propos de l’affaire Thomé-Génot, le jeune membre du gouvernement avait repris à son compte la charge de Nicolas Sarkozy contre les voyous et avait juré la main sur le cœur qu’il n’y avait aucune raison que ces tristes représentants d’un capitalisme amoral ne soient pas recherchés, arrêtés et extradés ! Alors…

JUSTICE POUR TOUS._ « Nous serons vigilants et veillerons à ce que ce jugement exemplaire ne soit pas l’arbre qui cache la forêt et que lorsque ce sont des patrons français qui commettent des exactions (qu’on a donc sous la main !), y compris dans les Ardennes (on pense à certaines affaires sur Bogny et Nouzonville même), les mêmes sanctions soient rendues » a encore indiqué hier Yannick Langrenez au nom des anciens salariés.

SUITES._ Le dossier Thomé-Génot n’est pas toujours pas clos pour autant. On attend ainsi avec une vive impatience (notamment parmi les juristes spécialistes du droit des affaires) ce que donnera l’action engagée par Me Médeau au nom de certains salariés contre l’Etat et le tribunal de commerce de Charleville, auquel il reproche d’avoir accordé la reprise de l’entreprise à Catalina sans s’être entouré de sérieuses garanties.

Par ailleurs, trois ans après, il est encore des ouvriers de Thomé-Génot qui n’ont pas encore « touché » leur solde de tout compte. Plusieurs élus (les conseillers régionaux Sylvain Dalla Rosa et Michèle Leflon, le conseiller général Pierre Cordier) ont ainsi écrit tout récemment un nouveau courrier au liquidateur. Autre procès à venir, celui que les actionnaires historiques (la famille Dury), qui étaient restés mais de manière minoritaire, ont intenté à Catalina.

Enfin, on sait que la société Ardennes Forge qui avait succédé quelque temps à Thomé Génot et qui a été liquidée en 2008 donne lieu à d’autres procédures : aux prud’hommes pour les 40 salariés, mais aussi au pénal, puisque l’ex-PDG a été mis en examen pour détournement de fonds destinés à la formation professionnelle.

Ph.M.



 

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