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Le bureau du maire de Mézières toujours intact

Publié le mardi 07 août 2012 à 11H00 - Vu 212 fois


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Dans l'hôtel de ville, le bureau du maire dont le mobilier date de l'année de construction (1930) est resté tel quel après la fusion de 1966. En médaillon, un ensemble de bureau, plumier, encrier et tampon sur un plateau rappelant l'aide apportée par la ville de Manchester lors de la recontruction de Mézières.

Dans l'hôtel de ville, le bureau du maire dont le mobilier date de l'année de construction (1930) est resté tel quel après la fusion de 1966. En médaillon, un ensemble de bureau, plumier, encrier et tampon sur un plateau rappelant l'aide apportée par la ville de Manchester lors de la recontruction de Mézières.


Mardi insolite

Le temps s'est arrêté ou presque dans cette pièce de l'hôtel de ville. 46 ans après la fusion, entre les six communes qui constituent aujourd'hui Charleville-Mézières, le bureau du maire de Mézières d'alors, René Miquel est (pratiquement) resté en l'état.
Exceptés quelques plantes vertes et un téléphone au goût et besoins du jour, le mobilier, les objets, les photos, tableaux et bustes sont ceux que le défunt maire a eu sous les yeux pendant tout son mandat, et même d'autres maires avant lui car « le mobilier est contemporain de la construction de l'hôtel de ville : 1930 », expliquent l'adjoint au maire Raymond Stévenin et l'architecte de la ville, Emmanuel Fleury.
Est-ce une marque de respect des maires carolomacériens, André Lebon en tête, à celui qui s'est effacé afin qu'une nouvelle ville naisse ?
Ou peut-être aussi le signe d'une absorption difficile à digérer (la commune continue de fonctionner avec deux bâtiments municipaux que l'on différencie en les appelant mairie et hôtel de ville, sans parler de l'ancienne mairie de Mohon) ? Ou tout simplement est-ce une façon de garder trace de l'histoire de Mézières ?
Car ce décor historique est lui-même constitué d'objets historiques. À droite de la porte d'entrée, un portrait de Bayard « chevalier sans peur et sans reproche » qui, en 1521, sauva Mézières (et le royaume) de l'invasion de Charles Quint, occupe une belle place.
En hauteur, trônent plusieurs bustes d'anciens personnages clefs, dont celui du général Tessier, ainsi que des portraits de Charles Mialaret ou encore Gustave Gobert (1880-1950) ancien vice-président des Écrivains ardennais.
Face au bureau de part et d'autre d'une imposante armoire, une demi-douzaine de photos en noir et blanc des lords of Manchester ornent le mur et nous rappellent l'action menée par l'industriel Henri Bronnert (également en photo). Propriétaire de l'usine de la Soie à Givet, émigré à Manchester, celui-ci décide au lendemain de la guerre d'aider à la reconstruction de Mézières et crée le comité d'adoption de Manchester dont il est le trésorier.
Le 30 mai 1930, les lords of Manchester viendront à Mézières voir l'avancée des travaux qui ont pris du retard.
Enfin, en 1933, « l'hôtel de ville est inauguré par Albert Lebrun, le président d'alors dont l'épouse était de Mézières et on a fêté en même temps la reconstruction du quartier de Manchester avec les lords ».
À noter encore dans ce bureau un tableau et une charte qui rappellent que le jumelage avec Dülmen a été signé avec Mézières en 1963 et un bronze d'Émile Oscar Guillaume sur lequel nous reviendrons prochainement.
Aujourd'hui, le bureau n'est pas ouvert au grand public mais il sert parfois à célébrer des baptêmes républicains ou des noces de diamant.

Nathalie DIOT

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