Publié le dimanche 05 juin 2011 à 09H05 - Vu 57 fois
C'est peut-être dans l'Aube qu'un nouvel âge d'or pour le cheval ardennais se dessine.
Il y a tout juste deux ans, un couple y a eu l'audace de créer Hippo Ecolo Services. Ils avaient quelque expérience : Sandra Coillot était - et est toujours - vétérinaire équin, son conjoint Alexandre Champion était cadre dans une société spécialisée dans le recyclage des déchets.
C'est ce créneau que leur jeune entreprise a d'abord ciblé : « Les collectivités locales ont parmi leurs priorités la réduction des coûts et la promotion du développement durable. Nous avons donc imaginé de leur proposer de collecter les déchets ménagers (en l'occurrence les recyclables, plus légers) de manière à répondre à ces exigences : avec des chevaux qui tracteraient une benne adaptée. »
Pour ce faire, le couple aubois a fait fabriquer en Pologne d'abord, dans une entreprise de la région ensuite, des véhicules hippotractés de faible poids, à base d'alu et de fibre de verre. Puis il a fait appel à des éleveurs à même de « fournir » les chevaux.
« Nous avons décroché notre premier contrat dans l'agglomération troyenne où nous avons désormais un secteur de 23.000 habitants. Puis nous avons eu un marché à Verdun, un autre à Sézanne et bientôt nous nous implanterons à Reims… A chaque fois, face à des mastodontes comme Veolia, par exemple ! »
« Puissant et placide »
Le secret de la réussite ? « Les camions coûtent cher à l'achat, ils polluent avec de l'énergie fossile dont le prix va également croissant. Utiliser des chevaux réduit le bilan carbone, réduit le bruit et de plus, est même créateur d'emplois. En effet, nous collectons en trois jours ce qu'un camion collecte en deux (la différence ne vient pas du temps de collecte en soi, mais des trajets de liaison). Pour le même coût, donc, on peut embaucher du personnel supplémentaire… »
Reste l'aspect qui nous intéresse plus particulièrement ici, l'élément moteur… C'est-à-dire le cheval. « Des différentes races, l'Ardennais est à la fois le plus puissant et le plus, placide. Cheminer en ville lui va bien. Mais notre optique est à terme de nous adapter au territoire : des chevaux ardennais dans notre région, oui, mais dans le Nord, on choisira plutôt un Boulonnais… »
Chiffre d'affaires supérieur aux prévisions, déclinaison du concept sous forme de franchises, Hippo Ecolo Services pense encore à se développer, et pourrait passer de la collecte de déchets au transport de voyageurs (en centre-ville, par exemple). « Mais il y a encore des contraintes de sécurité à régler au niveau des voitures-omnibus… » Un partenariat est par ailleurs en vue avec le lycée de Montier-en-Der (près des haras nationaux de la cité haut-marnaise) pour former des cochers : « La première fois qu'on s'est adressé à Pôle Emploi, on nous a regardés bizarrement ! »
Il faut aussi travailler davantage avec les éleveurs. « C'est un cycle et un rythme à trouver » note Alexandre Champion. « Acheter des chevaux ardennais est une chose, les acheter déjà dressés en est une autre… »
On l'aura compris, après le travail dans les vignes et les forêts pour le débardage, voilà un nouvel horizon pour le cheval ardennais. Y compris, bien sûr, dans notre département. « On compte un peu sur le président de la Région pour nous aider à convaincre les collectivités ardennaises… »
Certes.
Ph. M.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez