Publié le samedi 30 juin 2012 à 11H00 - Vu 102 fois
L'électrification du clocher a pu être réalisée grâce au don de Chantal Rouyez, 71 ans (à gauche sur la photo).
Ablancourt (marne) L'électrification du clocher est inaugurée aujourd'hui à 11 h 15 à l'église Saint-Martin d'Ablancourt, en présence de l'abbé Grégoire. Une cloche qui rythme désormais le quotidien des habitants.
À Ablancourt se cache une petite merveille : l'église Saint-Martin.
Niché en hauteur, cet édifice religieux aurait été construit en craie au XIVe siècle. Selon les rares archives existantes, il s'agissait au départ d'un temple protestant. « Les catholiques l'ont ensuite modifié en église », raconte le maire, Michel Bonnet. C'est la raison pour laquelle elle ne posséderait pas un clocher en forme de tour élevée.
L'église Saint-Martin abrite toutefois une cloche en bronze de 300 kg environ. Une inscription y est gravée : « Par Monsieur Louis Jacob de Soulanges et par Dame Poline Lepicart, l'an 1819 j'ai été nommée Poline ». En dessous figurent deux autres noms : « Jean-Antoine Gobillard, maire, Noël Félix, son adjoint d'Ablancourt ».
« Le village revit »
Depuis quelques semaines, la cloche Poline résonne désormais à intervalles réguliers dans le village situé entre la RN44 et le canal de la Marne à la Saône. De 8 à 21 heures, elle marque toutes les demi-heures, ainsi que toutes les heures. Et deux fois par jour, à 12 h 05 et à 19 h 05 exactement, elle sonne l'angélus, prière de l'Église catholique qui commémore l'Annonciation. Une pratique qui date d'un décret du roi Louis XI en 1472.
C'est grâce au don d'une habitante que le mécanisme de la fameuse cloche a pu être électrifié. « Ma maman est décédée il y a deux ans. Elle était très attachée au village. Je voulais lui rendre hommage », confie la généreuse donatrice, Chantal Rouyez, 71 ans, qui habite Châlons-en-Champagne mais qui vient passer la plupart de ses week-ends ainsi que tout l'été dans la demeure familiale à Ablancourt. Le tableau électrique a été installé dans la sacristie. Plus besoin pour l'abbé Grégoire de tirer la corde. Il suffit désormais d'appuyer sur un bouton pour libérer l'opus des baptêmes, mariages et messes ; sur un autre, pour les enterrements. Montant des travaux : 6 000 euros TTC.
Pour la première fois, une cloche rythme le quotidien des 160 Blancourtiens qui n'étaient pas habitués. Lorsque la cloche a sonné pour la première fois, il paraît que des habitants ont cru qu'un enterrement était célébré à l'église ! « Avant, on n'entendait sonner la cloche que deux fois par an lors des messes, et une autre fois, lors d'enterrements, rappelle Marie-Claire Focachon, relais à la paroisse Saint-François-de-Sales-des-Mothees qui regroupe dix-sept villages. Aujourd'hui, le village revit avec la cloche. Lorsque mon mari entend l'angélus, il sait qu'il doit se préparer, avant de partir à son travail. C'est un repère ! »
« C'est formidable, estime pour sa part Chantal Rouyez. Les premiers jours, je suis sortie sur le seuil de ma porte. J'ai arrêté ce que j'étais en train de faire et j'ai écouté l'angélus ». Une manière de faire une pause dans une journée trépidante…
Stéphanie GRUSS
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