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La Russie terre de conquêtes

Publié le mardi 16 février 2010 à 11H14 - Vu 33 fois



Après le Brésil, la Russie. L’année 2010 est celle des échanges entre la France et la Russie. Au mois de juin, une mission sera conduite par la CCI de Colmar dans cet immense pays déserté par les Français. Ce que déplore vivement Philippe Verbert, président de la commission internationale du Medef régional : » Une douzaine d’entreprises françaises seulement étaient présentes au grand forum économique de Saint-Pétersbourg qui a réuni 6.000 exposants ». Au-delà de Moscou, on ne voit plus âme française qui vive. Ou presque.
Jean-Paul Bachy, le président de la Région, le regrette. « C’est un grand pays où la France jouit encore d’un courant de sympathie naturelle. Les Russes sont demandeurs de coopérations économiques et de produits français ».
En marchant sur les pas de Jean Kaltenbach, l’un de ses prédécesseurs au conseil régional, Jean-Paul Bachy a renoué les liens existant avec la région d’Orel. « C’est une région agricole, qui présente des similitudes avec la Champagne-Ardenne. » Des spécialistes de l’équipement agricole comme Tecnoma, Brimont, La Buvette y ont vu leur intérêt en participant à des missions.
En 2009, les déplacements se sont concentrés sur Samara, quatrième région économique du pays située à l’est de Moscou. Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, était également du voyage. La délégation a pu visiter le site Avtovaz (Lada), dans lequel Renault a pris une participation. Derrière ces échanges avec Samara, cœur de la construction mécanique et des lanceurs Soyuz (programme Ariane Espace), on retrouve Philippe Verbert. Cet Aubois est parti séduire les rives de la Volga en y créant sa société avec une associée russe.
Dans son sillage, d’autres entreprises régionales sont allées humer un courant d’affaires quelque peu dilué par la crise économique. Le projet d’implantation d’un producteur russe de parpaings dans l’Aube a été reporté. « On peine à trouver des partenaires français dans le bâtiment », constate Philippe Verbert.
Par défiance vis-à-vis d’un pays qui n’a pas toujours bonne presse ? « Je n’ai pas le sentiment qu’il y ait plus de corruption qu’ailleurs. Selon le cercle Kondratieff, la sécurité en Russie est plutôt bien notée. »
Du temps de l’Union soviétique, l’Ardennais Jean-Claude Chef (Arcomat) se souvient de n’avoir jamais aussi bien travaillé que là-bas. « C’est un marché où il y a de l’argent et des besoins. Je viens d’être approché par un Russe, à qui l’on demande de s’associer à une société européenne de notoriété comme la nôtre. »
Autre clé de coopérations fructueuses, selon Jean-Paul Bachy : « avoir une démarche conjointe associant des institutionnels, des politiques et des représentants du monde économique ». C’est aussi dans un esprit d’ouverture que Philippe Verbert va présider le Club Russie mis sur les rails par le Medef régional. « Il s’agit d’identifier des entreprises qui travaillent déjà avec la Russie, de les accompagner davantage et de les encourager à mettre le nez dehors. Samara, c’est compliqué. Donc intéressant. Il faut aller chercher des points de croissance là les autres ne vont pas. »

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