Publié le samedi 21 janvier 2012 à 13H13 - Vu 360 fois
La création du Groupe MKMG en novembre 2006 va sonner le glas de Sportys, alors numéro 2 du marketing sportif en France. Car la prospère régie publicitaire adossée au milieu du rugby est désormais coiffée par une holding qui la transforme en véritable pompe à fric. Simple courroie de transmission, MKMG siphonne le cash des sponsors et autres partenaires sur la foi d’une troublante convention d’assistance conclue entre amis en octobre 2009 puisque les actionnaires de l’une et de l’autre se rejoignent autour de trois personnalités. Bruno Molinas, actionnaire majoritaire de MKMG à 54 % et surtout Serge Kampf qui en détient 34 % mais qui règne sur Sportys à 52,5 % par le croisement de la holding et de sa filiale. Le troisième actionnaire commun aux deux entités n’est autre que Fabien Galthié, figure de proue du rugby français, un joueur emblématique comme les aime leur parrain à tous, Serge Kampf.
Mais ce système de vases communicants fonctionne tant que la pyramide permet de redonner aux uns ce qui a été pris aux autres. Surtout, il nécessite de plus en plus de cash pour épancher la soif des gourmands. En août 2008, l’acquisition du Domaine viticole de Chanzy à Bouzeron en Saône-et-Loire par le Groupe de marketing que représente Bruno Molinas est à classer dans la catégorie des « danseuses » dont les amis raffolent mais qui peut se révéler ruineuse à la longue. Une source bien informée estime que le Domaine en question, en redressement judiciaire depuis mai dernier, aurait reçu plus de trois millions d’euros sur les quelque neuf millions d’euros que le Groupe MKMG a pu siphonner par la grâce de Sportys, à partir de l’année 2009.
Où sont passés les quelque cinq millions d’euros restants ? Mystère. Il y a en tout cas fort à parier que l’argent des sponsors du Stade de Reims collecté pendant la saison 2010-2011 a servi à réamorcer la pompe en mal de cash. C’est sans doute pour cela aussi que ses dirigeants en déduisent que Bruno Molinas avait des intentions peu louables en venant frapper à leur porte avec un large sourire. Il est par ailleurs surprenant pour ne pas dire hallucinant que les dirigeants du Stade Français - dont les déboires semblent plus anciens – tardent à se manifester auprès de la justice. Est-ce parce que MKMG détenait 11 % du Stade Français ou parce qu’on n’a pas voulu éclabousser le généreux mécène ? Mystère.
Il est en tout cas presque certain que Serge Kampf et consorts ne veulent pas de scandale comme l’illustre le procès-verbal du conseil de gérance du 7 avril dernier. « Les actionnaires de Société Groupe MKMG souhaitent, pour des raisons d’ordre personnel, modifier sa dénomination sociale afin que les initiales de chacun des actionnaires n’apparaissent plus dans cette dénomination. » A ce moment-là, le discret Serge Kampf n’était d’ailleurs pas présent puisqu’il avait présenté sa démission du conseil de gérance le 31 mars.
E.L
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