Publié le mercredi 12 septembre 2012 à 11H00 - Vu 160 fois
En 2010, les travaux de remise à neuf de la traverse avaient duré 9 mois.
SOMME-TOURBE (Marne). La circulation sur la RD 931 dans la traversée de Somme-Tourbe est interdite au moins jusqu'à la fin de la semaine. Criblée de malfaçons, la route toute neuve doit être totalement refaite.
«F AIRE et défaire, c'est toujours travailler », dit l'adage populaire. A croire que la formule a été inventée à Somme-Tourbe. Depuis 2010, le village n'en finit pas de vivre au rythme du chantier de sa traverse. Cette année-là, les travaux de remise à neuf de ce que le maire, Vincent Petitdidier, considérait comme la route la plus dégradée du département, ont tout de même duré neuf mois.
A l'arrivée, le village devait être doté d'une route flambant neuve avec trottoirs assortis, d'une nouvelle gare pour le bus scolaire ainsi que d'espaces verts et de candélabres modernes. Le programme fut respecté à une importante nuance près. Livrée en fin d'année 2010, la chaussée présentait, dès le printemps 2011, de nombreuses anomalies.
Au sortir de l'hiver, plusieurs affaissements étaient constatés. Rien qui pouvait nuire à la circulation mais assez pour inquiéter les techniciens du conseil général et les élus du village.
Il faut dire qu'ils sont, avec la communauté de communes, les financeurs de cet équipement dont la facture s'élève tout de même à 1,2 million d'euros.
En avril 2011, divers experts étaient appelés au chevet de la route. Objectif : déterminer la source des problèmes et les responsabilités.
« Les échanges entre experts et assurances ont duré un an avant d'admettre qu'il y avait des malfaçons », indique Catherine Pastore, la responsable de la circonscription des infrastructures et du patrimoine (CIP nord-est) du conseil général.
Au bout de la chaîne, il semble que le matériau livré à l'entreprise Colas, chargée du chantier, ne correspondait pas à la composition demandée. Aujourd'hui, c'est la société de BTP qui reprend les travaux à ses frais.
Et pas question de faire des rustines par ci, par là. C'est la totalité de la traverse qui est reprise - soit un gros kilomètre de bande de roulement.
Les trottoirs feront également l'objet de réparations. Le chantier a repris au cœur du bourg depuis la semaine dernière. Cette fois, il ne doit pas durer plus de quinze jours. Pour y parvenir, les ouvriers travaillent sur toute la chaussée, interdisant par conséquent toute circulation. Ce qui n'est pas une mince affaire.
Barrages forcés
« Nous avons un gros problème d'incivilités, déplore Vincent Petitdidier. Les panneaux de déviation sont partout et pourtant, la nuit, tout le monde passe ! On a vu des poids lourds et même des convois exceptionnels traverser le village alors que c'est interdit ! »
Ces passages, plus ou moins en force, gênent la progression du chantier et ne sont pas sans risques pour leurs auteurs.
Hier, le conseil général avait envoyé des agents aux entrées du village pour renforcer l'interdiction de circuler et protéger les ouvriers chargés de répartir la grave bitume, le matériau choisi pour sa solidité et sa rapidité de séchage.
A partir d'aujourd'hui, on entre dans la phase finale qui est aussi la plus délicate : la pose des enrobés. « Là, pas question que les gens roulent dessus ! », insiste Catherine Pastore qui énonce au moins deux bonnes raisons à cela : cela laisserait des traces très difficiles à reprendre et serait fatal pour les pneus des inconscients qui s'y risqueraient quand même. « Encore un peu de patience », réclame la responsable de la CIP qui compte bien pouvoir rouvrir la traverse lundi prochain.
Une nouvelle qui réjouira les quelque 2 000 utilisateurs quotidiens de cette route à grande circulation. En attendant, ils sont priés de suivre la déviation…
Stéphanie VERGER
Entre Sainte-Ménehould et Reims, la RD 931 est déviée depuis la RD 3 via Auve et Tilloy-Bellay jusqu'à la D994 au carrefour de la Grande Romanie vers Suippes par la D977 ou Cuperly vers Reims.
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