Publié le mardi 24 janvier 2012 à 12H00 - Vu 165 fois
Au côté de Béatrice, Serge vient de passer devant le maire. Il n'a pas eu besoin d'un kit mariage pour avoir conscience de l'importance
CHAUNY (Aisne) L'idée d'un « kit de préparation au mariage civil », émise par le gouverment, pour limiter le nombre des divorces, interpelle. Rencontre avec Serge, marié depuis un mois.
POUR ce qui en restera dans la presse, tout se joue le temps d'un flash. Pour le maire ou l'adjoint, il y a la responsabilité de mener à bien une cérémonie, où il s'agit aussi pour les témoins de bien figurer, pour les invités d'être à la bonne place sur la photo à la sortie de l'hôtel de ville, et pour chacun des deux intéressés de ne pas se surprendre à se demander ce qu'il fait là. Le mariage civil débouche, malheureusement, une fois sur deux sur un divorce, avec de très négatives conséquences humaines et financières.
Le gouvernement avance des propositions pour éclairer les « futurs » sur les différentes facettes de l'engagement. La secrétaire d'État chargée de la famille annonce un « kit de préparation au mariage civil ». On teste dans quelques mairies des sessions qui permettent de parler avec les époux en devenir des valeurs de l'union républicaine sur la base des articles du code civil, des étapes de la vie à deux, de ce qui peut « secouer » et de ce qui peut aider à « tenir » jusque dans la tempête. Rencontre avec le dernier marié en date à Chauny, Serge Mayeux, 42 ans.
Kit ou pas kit…
Serge a épousé Béatrice, le 24 décembre dernier. Pile un mois ! Ils n'étaient pas deux jeunes écervelés à passer devant le maire : « C'est un remariage, avec deux divorcés et six enfants. C'est bien pesé de la part de l'un et de l'autre ! »
Sur la proposition gouvernementale, Serge a un premier commentaire plutôt négatif. Ce jugement concerne la notion de kit : « Un livret ou quoi que ce soit d'autre, c'est un peu bête, car kit ou pas kit institutionnel, si quelque chose doit humainement faire échouer le mariage, cela se fera. »
Serge préfère se concentrer sur l'idée des sessions de préparation, pour une réflexion avec un regard extérieur au couple. Étant gendarme, il a eu l'occasion, avant son mariage, de rencontrer l'aumônier militaire, le père Laurent Marie : « Il m'avait proposé une discussion sur l'engagement. Cela m'a intéressé. » Pour Serge, approfondir ce sur quoi on « se lance » n'est pas inutile. Mais à condition de tomber sur « quelqu'un qui sache écouter ». Les sessions pour réfléchir de façon très laïque au sens de l'engagement civil seront-elles à la hauteur de l'événement ? « Il me semble que cela sera difficile de suffisamment personnaliser la démarche. » Sans compter qu'avant même de parler de personnalisation, il faudra dans le passage du religieux au civil se mettre d'accord sur les questions de la légitimité du « rencontrant », et de la compatibilité entre lui et les futurs époux. À quelques jours du Salon du mariage, les 28 et 29 janvier à Saint-Quentin, le débat est ouvert.
F.F.
ffene@journal-lunion.fr
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez