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Insolite / Les greniers de l'hôtel-de-ville

Publié le mardi 31 juillet 2012 à 11H00 - Vu 147 fois


Les magnifiques toits de l'hôtel-de-ville de Mézières ne sont en fait qu'un décor de théâtre. Derrière les fenêtres, point de bureaux ou de salles mais 400 mètres carrés de grenier pour le moment servant à entreposer du matériel… et abritant quelques pigeons.

Les magnifiques toits de l'hôtel-de-ville de Mézières ne sont en fait qu'un décor de théâtre. Derrière les fenêtres, point de bureaux ou de salles mais 400 mètres carrés de grenier pour le moment servant à entreposer du matériel… et abritant quelques pigeons.


QUI aime le style néogothique est forcément charmé par l'architecture de l'hôtel de ville de Mézières, sa magnifique façade et sa toiture élancée vers le ciel, ses balcons, ses immenses fenêtres sur trois étages… Depuis la place, on aperçoit un 4e étage et on admire la composition de l'édifice. Que de beauté on imagine derrière ses murs ornés de frises de pommes de pin, « symbole d'éternité », et sous ses toits dont le pinacle conduit droit vers le ciel.
De cet hôtel de ville, le grand public connaît le plus souvent le rez-de-chaussée, le demi-sous-sol, les services administratifs et même la salle du conseil… Mais que cachent les derniers étages ?
Eh bien rien ! « Les toits sont en fait un véritable décor de théâtre », commente l'adjoint au maire en charge du secteur sauvegardé, Raymond Stévenin.
Là où on imagine encore des bureaux ou des salles de réunion, s'étendent en fait 400 m2 de combles surplombés d'une immense charpente de bois et de métal. Y sont entreposés quelques chaises et bureaux, des vieux papiers et un certain… bric-à-brac N'y vivent que des araignées et des pigeons…
En attendant que les lieux soient réinvestis par les services municipaux, envisagent l'élu et l'architecte de la ville, Emmanuel Fleury.
Lors de sa construction, « il était prévu de faire encore un demi-étage ? », explique ce dernier en montrant la double rangée de fenêtres ainsi qu'à mi-hauteur du toit, l'emplacement initialement prévu pour installer des poutrelles.
Car après la guerre 14-18, la municipalité, menée par Henri Roussel, avait prévu « très très grand pour la reconstruction. […] Tout le monde pensait que l'Allemagne allait payer, mais elle était exsangue », poursuit Raymond Stévenin. Si l'argent afflue au début (dommages de guerre en 1919 et soutien du comité d'adoption de Manchester dans les années 20), la source va progressivement se tarir. Malheureusement pour l'hôtel de ville macérien dont la réalisation prend du temps.
Le concours d'architecte est lancé le 17 octobre 1924 ; le projet est retenu le 23 janvier 1925. Les architectes seront Chifflot et Colle, les mêmes qui ont construit l'immeuble communal juste en face (première pierre posée en juin 1924). Mais les travaux ne commenceront qu'en mai 1928. Le 16 juillet 1933 enfin, l'édifice est inauguré en grande pompe par le président Albert Lebrun dont l'épouse est de Mézières.
L'hôtel de ville est partiellement terminé mais cela ne se voit pas, si ce n'est peut-être ces deux grandes stèles laissées vides de part et d'autre de l'entrée : « Deux statues devaient y être installées, l'une représentant la forêt, l'autre la Meuse ».

Nathalie DIOT

Source : Charleville-Mézières, le guide de Gérald Dardart, éditions Compo créa. Rendez-vous mardi prochain pour la suite de notre série d'été « Insolite ».

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