Inhumation des musulmans Des carrés bien particuliers

Inhumation des musulmans Des carrés bien particuliers

Publié le jeudi 18 février 2010 à 12H00 - Vu 327 fois

LE seul carré musulman à Reims est quasiment plein. C'est pourquoi, au cimetière paysager de La Neuvillette, un deuxième espace est presque terminé. Il reste encore des travaux de voirie.
Il y a un projet de 3e carré, dans un autre cimetière, en 2011, « mais on ne sait pas encore où. Il faut des conditions très particulières », explique le premier adjoint Eric Quénard, responsable des cultes.
« Il y a de la demande, et nous devons y répondre pour le respect et l'égalité de tous. Tout le monde ne décide pas de se faire enterrer dans son pays d'origine. » Notamment les Maghrébins, note le 2e vice-président du conseil régional du culte musulman, Ismet Ozturk, « alors que les Turques ont toujours tendance à vouloir être inhumé dans leur pays de naissance ».
La communauté musulmane est relativement importante dans la région, avec 27.000 personnes. Et les conditions d'inhumation sont particulières, avec notamment une orientation vers la Mecque.
« Le corps touche la terre, il ne doit pas y avoir de béton. Un cercueil en bois est possible car c'est une matière biodégradable », poursuite le vice-président.
Les mentalités évoluent
Le monument doit être simple, sans photo, avec l'inscription d'un verset du Coran. L'inhumation est très rapide, dans les 24 à 48 heures après le décès. Le corps est enveloppé dans un nombre impair de vêtements.
En 2004, il n'existait que 70 carrés musulmans en France !
Le principe de neutralité confessionnelle des cimetières communaux est inscrit dans la loi et les maires, seuls à détenir l'autorité en matière de funérailles, ont la possibilité de regrouper les sépultures des défunts de même confession (dans des « carrés ») sans en avoir l'obligation.
« De plus en plus de musulmans sont inhumés en France. Ainsi, ils ont choisi le lieu où ils sont plutôt que celui d'où ils viennent, ce qui n'est pas une « petite affaire » quand on a été partagé entre ici et là-bas. Cette tendance illustre une évolution des mentalités, même si elle ne s'est pas encore substituée à la tendance lourde, à celle qui consiste à envoyer les dépouilles mortelles dans le pays d'origine », explique le sociologue Atmane Aggoun. La Ville de Reims cherche manifestement à augmenter la place dédiée aux défunts musulmans. Sans pour autant en enlever aux autres confessions…
G.F.

L'union l'Ardennais