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Ils militent pour une loi

Publié le jeudi 04 février 2010 à 01H00 - Vu 24 fois


Guy Dochez milite pour le droit de mourir sans souffrir. L'association propose la procédure des « directives anticipées ».

Guy Dochez milite pour le droit de mourir sans souffrir. L'association propose la procédure des « directives anticipées ».


GUY DOCHEZ est un bénévole engagé dans de nombreux combats portant sur des sujets qui font société. En sa qualité de délégué départemental de l'Association pour le droit de mourir dignement (ADMD), il invite à débattre lundi soir lors d'une conférence dont l'invité sera le président national Jean-Luc Romero. Cette question « essentielle du XXIe siècle » trouve en lui une résonance très forte. Le droit à mourir dans la dignité, Guy Dochez aurait souhaité que la société l'accorde à son beau-père. Il expose son sentiment, qui relève, dit-il, de l'intime conviction : « Le 24 décembre 1995, il a été victime d'un malaise cardiaque. Son cerveau n'a plus été oxygéné pendant 45 minutes. Il a été maintenu en vie pendant un an et demi en attendant qu'il meure de lui-même. Les organes se sont dégradés au fur et à mesure… » C'est donc pour la dignité du malade et au nom de la souffrance éprouvée au quotidien par les proches à voir un corps inerte sur un lit d'hôpital qu'il milite aujourd'hui. « Les gynécologues se battent pour donner la vie, pourquoi les médecins ne sont-ils pas là pour nous aider à partir dignement ? » interroge-t-il, sachant que cette question très controversée de la participation active des médecins aura ses détracteurs. L'association demande une loi en faveur de l'euthanasie.

L'union : Quels droit souhaitez-vous voir reconnus au malade ?

G.D.: Je ne suis pas contre les services de soins palliatifs. C'est très bien. Mais quand le malade est au bout du bout… La loi doit lui permettre de partir sereinement et dignement. Pourquoi souffrir pour partir ? Les personnes qui adhérent à l'association doivent respecter une procédure dénommée « les directives anticipées ». Le malade conscient désigne deux personnes de confiance qui ont à charge, le moment venu, de faire respecter les décisions du malade.

Nous avons le cas de cet adhérent. Ses parents sont placés tous les deux, ils sont très âgés. La maman a 98 ans. Elle est aveugle, inconsciente et nourrie par sonde gastrique. C'est une souffrance pour son mari, ses proches à chaque nouvelle visite. Mais elle n'a pas rédigé de directives anticipées. Son fils ne peut rien.

Le sujet a été médiatisé notamment avec l'affaire de Vincent Humbert. La réflexion avance-t-elle dans l'esprit des gens et au Parlement ?

G.D : Les cas de Vincent Humbert et Chantal Sebire ont servi de déclencheurs. Depuis 2005, les politiques se sont penchés sur le problème. La loi Léonetti a été votée qui autorise le médecin à stopper tout acharnement thérapeutique sur un malade sans être poursuivi.

Un texte a été présenté devant les députés qui l'ont retoqué le 19 novembre 2009. Il est désormais en discussion au Sénat. Nous comptons sur l'influence du vice-président de l'association, Alain Fouchet, sénateur de la Vienne pour obtenir l'adoption du texte. Ensuite, il repartira devant l'Assemblée nationale.

Il faut savoir que dans les pays voisins qui ont légalisé l'euthanasie - Pays-Bas, Espagne et Luxembourg - les pourcentages de personnes qui font ce choix de refuser l'acharnement thérapeutique représentent entre 0,5 et 2 % des décès par an.

Propos recueillis par Graziella BASILE

Conférence-débat lundi 8 février de 18 à 20 heures, au Conservatoire, 51 rue d'Isle, de 18 à 20 heures.En partenariat avec Rencontre Citoy'Aisne. Tél. 03.23.05.69.31

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