Publié le samedi 30 mai 2009 à 01H00 - Vu 33 fois
Les tags augmentent, en nombre et surtout en surface.
Gerard PERON
SIGNATURES, dessins bizarres, alphabet, du centre-ville au fin fond des quartiers, les tags se multiplient à la vitesse grand V à Reims.
Autant de dégradations volontaires enlaidissant le cadre de vie qui n'avait déjà pas besoin de cela avec les travaux du tram, polluant la vie des victimes, commerçants ou particuliers, et accentuant dans certaines zones le sentiment d'insécurité. Si le phénomène n'est pas nouveau, force est de constater qu'il a pris de l'ampleur. On est en effet passé de 2.000 tags en 1997 à 26.500 tags en 2007 pour pointer à 31.800 en 2008, une augmentation de 20 %.
Et ça continue, sur 1.121 réclamations enregistrées au téléphone, 557 concernent les graffitis contre 261 pour la saleté des rues et 110 pour des dépôts d'ordures sauvages. C'est simple, les moyens municipaux n'augmentant pas pour les effacer, les délais d'intervention pour enlever les tags sont passés d'environ une semaine à presque deux mois. Traitement chimique, éco sableuse, aérogommage, lavage vapeur, recouvrement de peinture, les trois équipes chargées de juguler le mal sont débordées, le mot n'est pas trop fort. Et découragées. « On est intervenu rue de Talleyrand. Le lendemain les tags étaient revenus », tient à faire savoir Raymond Joannesse, adjoint chargé de la propreté de la Ville.
Libre expression
Un adjoint un peu gêné qui dit d'abord pour sa défense qu'on ne peut pas mettre un policier derrière chaque tagueur ! Un adjoint qui précise ensuite qu'il ne faut pas toujours s'attacher au nombre de tags, mais à leur surface ! Un adjoint qui signale qu'à Reims l'enlèvement des tags est gratuit, contrairement à d'autres villes. Un adjoint qui au final accepte tout de même de reconnaître qu'il y a un vrai problème que la Ville ne sait pas endiguer et entend régler, non pas en augmentant le nombre de caméras en ville (les tagueurs mettront des cagoules) mais en amorçant le dialogue à destination de ces jeunes (le plus souvent) qui utilisent cette forme d'expression culturelle.
Si Karim Mellouki, adjoint PCF à la voirie, est plutôt favorable à une vraie sanction contre les tagueurs qui coûtent chers aux contribuables (plus de 200.000 euros), Raymond Joannesse (Vert) croit pouvoir régler le problème en négociant avec les tagueurs. « Nous allons leur fournir des lieux de libre expression comme des ponts qu'on pourrait régulièrement repeindre en blanc, comme à Orgeval où on demandera qu'ils habillent la chaufferie ».
En attendant les tags fleurissent comme dans les villes du Sud. Ne manque que le soleil !
Alain MOYAT
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez