Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Il dénonce une dégradation croissante de la situation des handicapés Sur la mauvaise pente…

Publié le dimanche 25 juillet 2010 à 10H00 - Vu 184 fois


Philippe Rataux dénonce une perversion : « On maintient les personnes handicapées en dépendance pour en faire des éponges pour le chômage des personnes valides » (photo d'archives).

Philippe Rataux dénonce une perversion : « On maintient les personnes handicapées en dépendance pour en faire des éponges pour le chômage des personnes valides » (photo d'archives).


PHILIPPE Rataux, de Savigny-sur-Aisne, n'est pas du genre à se lamenter. Certes, il avait déjà pointé le fait qu'une personne handicapée doive payer sa carte de pêche plein pot, alors qu'elle ne peut pas accéder à de nombreux postes de pêche (notre édition du 23 septembre 2009). Mais n'était-ce pas du bon sens ?
Plus largement, celui qui suit de près la législation concernant les personnes handicapées et son évolution croit remarquer une pente savonneuse, au bout de laquelle les « compensations » du handicap se réduisent à peu de choses.
A partir de ses lectures et de son expérience professionnelle, il nous livre sa vision.
Dans le domaine du travail, « la personne handicapée peut trouver facilement à s'insérer dans les dispositifs de formation (cela augmente le chiffre d'affaires de l'organisme de formation) mais une fois la formation terminée, cette personne est relarguée dans la nature. Y compris quand il y a une promesse d'embauche implicite à la clé ».
Au travail toujours, Philippe Rataux a remarqué une réticence des employeurs à sortir des schémas préfabriqués : « Les fonctions où ils envisagent sans difficulté les personnes handicapées sont celles liées très étroitement à l'informatique (secrétariat, informaticien, statistiques, comptabilité, ou prothésiste dentaire) car ces fonctions s'exercent obligatoirement assis à un poste fixe. »
Faire du cas par cas serait donc plus difficile, ou en tout cas c'est une peine que peu se donnent.
Devant cet accueil du monde du travail, la tentation de « l'assistanat » survient inévitablement. « C'est très difficile de sortir de l'assistanat quand la personne handicapée y est entrée, explique Philippe Rataux. Les prestations compensatrices du handicap ne sont pratiquement pas cumulables avec un revenu du travail (seulement pour les très faibles revenus, genre le Smic). »
Un salaire diminue les allocations
Autre bizarrerie : « La personne handicapée ne peut s'engager que sur un CDI. Sinon, si elle s'engage dans un CDD qui ne serait pas prolongé par un CDI, elle perd l'année suivante une fois et demie ce qu'elle a gagné. »
Les prestations (Allocation adulte handicapé, Allocation logement, Pension d'invalidité, Allocation compensatrice, etc.) sont calculées avec un retrait (tout ou un pourcentage) de ce qui a été gagné l'année précédente.
Si la personne handicapée devient imposable sur l'année où elle a travaillé, elle perd aussi les exonérations dont elle bénéficie par ailleurs (comme la taxe d'habitation).
Ce public ne peut donc que s'engager dans un CDI, pour ne pas tenter le diable avec un simple CDD qui peut n'être pas prolongé. « Personne ne va pas prendre ce risque » déplore Philippe Rataux.
De plus en plus d'éléments lui donnent à penser que le combat pour une (relative) compensation du handicap et l'intégration des personnes s'essouffle. Vu parfois comme une charge, ce public ne mériterait-il pas que l'on dépoussière les concepts d'égalité et de solidarité devant les injustices de la vie ?
Jacques BERTHION

Imprimer Recommander Wikio digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Les dernières contributions


joarden

25/07/2010 à 17h05

Notre monarque qui s'était engagé à éradiquer les inégalités,devrait plancher sur ces problèmes touchant des personnes,qui ne veulent pas vivre en marge de la société ou demeurer des assistés.
Des cas certainement plus intéressants que ceux des personnes,non handicapées, qui ne lorgnent que sur les aides financières,mais ne manifestent aucun désir d'insertion.
Mais il est tellement plus facile,de distribuer l'argent public,de plus en plus rare,que de trouver de vraies solutions aux vrais problèmes.

citoyen-laonnois

laon

25/07/2010 à 12h12

l'APF (association des paralysés de France) fonctionne par des dotations ,collectivités et subventions de l état alors la préoccupation pour les personnes handicapées "Ce n'est pas le plus important".

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952